SNCB: qu’est-ce qui vous attend?

On s'attendait à une éclaircie avec l'arrivée d'un nouveau patron et la réforme du Groupe SNCB... Pas de chance: on apprend que la ponctualité n'a jamais été pire en 30 ans et que les temps de trajets pourraient être allongés… Le début d'une succession de mauvaises nouvelles?

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Le nouveau patron de la SNCB ne connaît rien aux chemins de fer et cumule ce job avec trois autres mandats…

Notre spécialiste

Gianni Tabbone est président et porte-parole de navetteurs.be, l'association de défense des usagers du rail.

Nouveau patron, réforme de la structure… Nos chemins de fer sont censés aller mieux. Et pourtant, à l'approche de l'annonce des nouveaux horaires, comme tous les deuxièmes dimanches de décembre, une nouvelle a fait bondir tout le monde. C'est le quotidien flamand De Morgen qui a lâché l'info: samedi (23 novembre), pour améliorer ses statistiques de ponctualité désastreuses, la SNCB envisage de… rallonger les temps de trajets, histoire de se donner de la marge. Ainsi, un trajet Bruxelles-Anvers pourrait prendre 43 minutes, soit plus de temps qu'en 1935! Quant à la liaison Louvain-Malines, elle passerait de 16 à… 26 minutes. Pas de panique dans l'immédiat: ces nouveaux horaires prendraient cours mi-décembre de l'année prochaine. Par ailleurs, la SNCB a tenu à rassurer en annonçant que ce plan était "toujours à l'étude" et n'avait pas encore été "validé"… On notera qu'elle n'a pas démenti "étudier" cette possibilité de trajets rallongés. Pas de quoi rassurer des usagers devenus méfiants, à force. Ils se demandent à quelle sauce ils vont être mangés suite à l'arrivée d'un nouveau patron il y a deux mois et à la refonte de la structure dès 2014. Quelques réponses…

Un nouveau boss

Le remplaçant de Marc Descheemaecker, parti avec un parachute doré de 1,3 million d'euros, a 69 ans et s'appelle Jozef Cornu. Il n'était pas le premier choix à ce poste, il a été choisi en 24 h quand Frank Van Massenhove, le patron du SPF Sécurité sociale, a décliné l'offre pour "raisons personnelles". Les atouts du nouveau CEO de la SNCB? Une grande expérience du management dans le privé. Ses lacunes? Il avoue ne rien connaître au rail, ce qui explique qu'il décline toutes les demandes d'interview d'ici mi-janvier afin de prendre le temps de "maîtriser les dossiers". Autre détail gênant, il a conservé trois mandats (chez Agfa-Gevaert, KBC et Belgacom) en plus de sa nouvelle fonction. Pour Gianni Tabbone, président et porte-parole de navetteurs.be, c'est un problème. "Il est clair qu'il faut être à temps plein, voire investi à 200 %, pour s'occuper correctement d'une entreprise comme la SNCB. On verra avec le temps si ces cumuls ont un impact négatif pour les clients. En tout cas, il y a un aval politique derrière, donc si ça coince, ce sera la responsabilité du politique."

Lire la suite dans le Moustique du 4 décembre 2013

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