Snabba Cash: Attention les yeux, ça gicle!

Le cinéma scandinave? Soit il a l’allure un peu branque d’un ovni bricolé et hilarant (Somewhat Gentleman). Soit il enfonce ses racines au plus profond des entrailles du mal.

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Un cinéma où on ne rencontre que des antihéros aux trognes patibulaires et aux destins cassés. Snabba Cash fait assurément partie de la seconde catégorie. Alors, attention les yeux!

La lumière est crue. Comme la violence sur ces histoires croisées dans le milieu du crime organisé. JW, étudiant brillant en commerce mais fauché, a une gueule d’ange. Et le démon sommeille en lui. Il lui faut du cash pour briller dans des soirées décadentes de fils à papa et est prêt à tout pour y arriver. Après quelques petits coups et l’habitude aidant, il accepte une course un peu particulière: escorter Jorge, évadé de prison dans le collimateur de mafias de l’Est pour ses accointances avec des barons de la drogue. Lorsqu’il arrive, Jorge est passé à tabac et laissé pour mort…

Loin de l’aura glamour dont Hollywood auréole ses gangsters, Snabba Cash n’exhibe pas de beaux costumes, de belles bagnoles, des femmes fatales. Hormis quelques plans chauds sur du beau monde en train de sniffer la belle vie, tout est blafard, glauque et étouffant. On sent d’entrée de jeu que la tragédie rôde… Grosse claque, ce polar noir de noir charrie la misère des petits (une séquence incroyable montre une assistante sociale en train de remonter les bretelles d’un tueur à gages pour qu’il s’occupe de sa fille), leurs rêves trop grands, les coups foireux, les trahisons. Au diable le code d’honneur, Daniel Espinosa infiltre avec un réalisme saisissant la mafia contemporaine. Celle qui vendrait père et mère pour l’"argent facile" du titre. Et qui y perd son âme et sa vie dans un immense fracas silencieux.

Snabba Cash (Easy Money)
Réalisé par Daniel Espinosa (2010). Avec Joel Kinnaman, Matias Padin, Dragomir Mrsic – 124'.

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