Slash: « Le rock n’a pas besoin d’un revival mais d’une révolution »

Icône du hair metal et guitar hero pour la génération nerd, la rock star en a toujours sous le chapeau. Il aime Adele, vénère Ozzy et crache sur le business. Motherfucker…

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Faites-vous du rock aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’il y a vingt-cinq ans?
Slash – La passion est identique, la flamme est toujours là, mais il n’y a plus les mêmes enjeux. Quand nous avons sorti "Appetite For Destruction" en 1987, la tension était palpable: le rock vibrait partout sur Sunset Boulevard, il y avait de la compétition et nous voulions tout retourner pour montrer que nous étions les meilleurs. Une des raisons qui m’a poussé à quitter les Guns, c’est qu’après quelques années d’euphorie, nous passions plus de temps à discuter de business avec des gens qui ne s’intéressaient pas à la musique qu’à jouer. Aujourd’hui, je fais mon truc dans mon coin sans pression, mais la musique est revenue à l’avant-plan.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant pour vous? Être intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame ou être la vedette du jeu Guitar Hero III?
Slash – Le plus gratifiant pour moi, c’est d’avoir quelque chose à dire et à partager sur mon nouvel album ou sur scène. Le Rock And Roll Hall Of Fame, j’en suis très fier. Vu de l’extérieur, je pensais que c’était quelque chose d’institutionnel. Mais quand j’ai assisté à la cérémonie d’intronisation en avril dernier, j’ai croisé des tas de mes héros. Et tous ces mecs âgés qui ont joué avec James Brown, Buddy Holy ou Elvis m’applaudissaient. Alors oui, ça m’a touché. Pour Guitar Hero,c’est plus abstrait. J’ai du mal à comprendre.

Sur votre site Internet, un jeune fan néozélandais vous remercie d’avoir donné un sens à sa vie. Il est âgé de douze ans…
Slash – Oui, j’ai lu son message. Il m’a connu via Guitar Hero III. Que dire si ce n’est que je comprends ce gamin, parce que je suis aussi passé par là. Sauf que j’étais un peu plus âgé. J’ai découvert mes guides à l’âge de quatorze ans lorsque ma grand-mère m’a offert ma première guitare électrique et que j’ai essayé d’imiter Deep Purple, les Rolling Stones ou Aerosmith. Ils sont responsables de ce que je suis aujourd’hui.

À la fin du mois, vous partagez l’affiche du Graspop Festival, en Belgique, avec Ozzy Osbourne, Motörhead et Guns N’Roses. Avec qui seriez-vous le plus enclin à jouer un morceau?
Slash – Je ferai certainement quelque chose avec Ozzy. Et si je peux en claquer cinq à Lemmy de Motörhead, c’est avec plaisir. Pour l’autre groupe que vous citez, il n’y a aucune chance.

Ozzy Osbourne et Lemmy sont considérés comme des survivants du rock. Vous faites partie du club?
Slash – Oui, définitivement. Si vous avez lu ma biographie, vous savez que je l’ai échappé belle quelques fois. Si j’admire autant des gens comme Lemmy, Ozzy ou Iggy Pop, ce n’est pas pour leurs excès mais parce qu’ils donnent tout pour le rock et qu’ils n’en font qu’à leur tête. Dans ce métier, c’est très difficile de survivre. Pas seulement à cause des conneries qu’on peut faire dans les loges ou dans sa chambre d’hôtel, mais parce que le business vous pourrit l’existence. Si ces mecs sont toujours là aujourd’hui, c’est parce qu’ils aiment ça plus que tout.

Le hair metal revient en force dans les festivals mais aussi au cinéma avec le film Rock Of Ages dans lequel joue Tom Cruise. Vous y croyez?
Slash – J’ai vu le trailer de Rock Of Ages et je suis très sceptique. Nous sommes très loin de Tommy (l’opéra rock des Who réalisé par Ken Russell), mon film rock préféré. Ce retour du hair metal, c’est un phénomène de mode cyclique. Pour moi, le rock n’a pas besoin d’un revival mais d’une nouvelle révolution, comme il y en a eu une, à l’époque, avec les Guns N’Roses ou avec le grunge. La musique est devenue trop aseptisée. Mais les derniers albums d’Adele ou des Black Keys me laissent penser que les choses bougent. Le succès commercial de ces artistes rappelle que le public recherche de l’authenticité et de l’honnêteté dans la musique.

Derrière vos éternelles lunettes de soleil, on ne sait jamais ce que vous regardez quand vous jouez. Vous pouvez nous le dire?
Slash – La plupart du temps, je ferme les yeux quand je joue. Mes cheveux, mes lunettes, mon chapeau, ce n’est pas tellement pour me cacher du public ou masquer mes émotions, mais plutôt pour m’isoler dans ma bulle.

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Le 22/6 au Graspop.

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