Simple Minds : « On n’est pas là pour protéger notre héritage »

Après cinq ans d’absence, le groupe écossais trinque de nouveau à la santé des synthés et suscite une nouvelle hype. Mérité.

1257227

De retour avec un seizième album studio, le porte-drapeau de la pop synthétique écossaise égrène son savoir-faire à travers les douze morceaux de "Big Music". De passage à Bruxelles pour causer de cette résurrection artistique et évoquer quelques références, nouvelles et anciennes, le chanteur Jim Kerr et son fidèle guitariste Charlie Burchill se confessent dans l’obscurité, à la lueur d’une bougie. Les plombs de leur hôtel ont sauté, mais Simple Minds n’a pas perdu l’étincelle. 

"Big Music" est votre premier album en cinq ans. Vous n’étiez pas pressés de donner de vos nouvelles?

Jim Kerr – Il ne faut surtout pas s’y méprendre: on n’a pas enregistré "Big Music" sur une période de cinq ans. Au printemps 2010, j’ai sorti mon premier disque en solo ("Lostboy! AKA Jim Kerr" – NDLR). Après ça, j’ai retrouvé le groupe et on a bossé sur nos anciens morceaux afin de préparer "5 x 5 Live", un double album enregistré sur scène pour remettre à l’honneur le répertoire de nos cinq premiers essais. Dans la foulée, entre 2012 et 2013, nous avons beaucoup tourné. Juste après cette série de concerts, on s’est penché sur les nouvelles compos. Avec Simple Minds, on ne travaille jamais en suivant méticuleusement les modalités d’un cahier des charges. On bosse au quotidien. On ne coupe jamais les ponts avec notre musique. On est toujours dedans.

Après quinze albums, est-ce compliqué pour Simple Minds de se réinventer, de formuler autrement sa musique?

J.K. – Beaucoup de gens pensent qu’un groupe comme le nôtre éprouve davantage de facilités à l’heure de composer un nouveau disque. Certains considèrent en effet que l’expérience accumulée au cours des années nous simplifie la vie. Mais c’est faux. Ça reste extrêmement difficile pour nous.

Sentez-vous le poids des années?

J.K. – Oui, nous vieillissons. Du coup, notre sens de l’autocritique est de plus en plus aiguisé. Avant, on se posait moins de questions. Là, par exemple, avant d’enregistrer "Big Music", on avait préparé près de quarante chansons… Au final, il ne reste que douze morceaux sur l’album. On a jeté pas mal d’idées parce qu’elles ne nous semblaient pas à la hauteur. Avec le temps, on est devenus hyper-exigeants à l’égard de notre musique.

En matière de pop synthétique et de new wave, Simple Minds a joué les premiers rôles. De nombreux artistes se revendiquent de votre esthétique. Quelle est votre réaction quand vous les entendez chanter à la radio? 

J.K. – On est assez peu conscients de notre statut. Mais des amis viennent régulièrement nous demander si on a entendu tel ou tel morceau de The Killers ou des Editors… On est flattés à l’idée de pouvoir inspirer d’autres artistes. Avec Simple Minds, on ne revendique rien. On n’est pas là pour protéger un héritage. C’est normal d’avoir des influences musicales. Nous-mêmes, on reste fondamentalement attachés aux albums de Roxy Music, Peter Gabriel, Kraftwerk, David Bowie ou The Doors. Aujourd’hui encore, on apprend des choses de ces disques. Sans eux, on ne serait jamais devenus Simple Minds. Si nos chansons donnent désormais envie à des gamins d’acheter un synthé et de se lancer dans un groupe de rock, ce n’est qu’un juste retour des choses.

Sur le même sujet
Plus d'actualité