Si je veux siffler, je siffle

Bien que percluse de tics et de tremblements de caméra - qui signifient démonstrativement que nous sommes dans du cinéma-vérité -, cette histoire d’un jeune détenu en maison de correction à cinq jours de la délivrance nous laisse constamment à distance.

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Voilà un film qui illustre bien ces propos de Jean Mitry, grand historien français du septième art: "Si le cinéma s’en tient à n’illustrer que le réel, il ne présente finalement aucun intérêt artistique et n’offre in fine pas la moindre fenêtre sur le rêve". Ce que ce film hybride semble comprendre à mi-parcours, lorsque de la description froide, presque clinique, de ce camp de redressement de jeunes, il bifurque sans prévenir vers une histoire d’amour à la parole rare entre l’ado en mal de mère et une assistante psy.

Le film donne alors la curieuse impression d’avoir la tête coupée du reste du corps. Animé en bas de charges réalistes, sèches, tendues. Tandis qu’en haut, un peu plus libre dans sa tête, se déroule, mais de façon abrupte et incongrue, une histoire romantique, énergique et violente. Aussi belle qu’improbable. Pas de huées de notre part donc, mais quelques sifflets réprobateurs à l’encontre d’un film bancal et très amateur dans sa forme, que certains critiques pressés ont crédité un peu vite d’"œuvre-clé du jeune cinéma roumain".

Si je veux siffler, je siffle
Réalisé par Florin Serban (2009). Avec George Pistereanu, Ada Condeescu,  – 94’.

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