Sexion d’Assaut: « Ceci est notre apogée »

Ils squattent la première place des charts et inondent les cours de récréation. Rencontre avec un très gros cube du rap français, mais peut-être plus finaud qu'il n'y paraît.

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Les ventes de "L'apogée" cartonnent. Vous attendiez-vous à un tel succès après la polémique de l'année dernière?
Bastien Vincent – Nous avons travaillé d'arrache-pied pour réaliser une grosse entrée dans les charts, mais nous ne pensions pas atteindre un tel chiffre. Évidemment, nous sommes surpris, mais ce résultat n'est pas dû au hasard.

Pourquoi avoir nommé ce disque "L'apogée"? Vous n'imaginez pas pouvoir faire mieux?
C'est vrai que ça prête à confusion. En fait, ce qu'on a voulu dire, c'est que nous avons donné le meilleur de nous-mêmes pour produire cet album. En général, quand on a un acquis, il reste. Que ce soit dans le sport ou dans la musique. En clair: nous avons atteint l'apogée dans notre domaine, mais nous comptons bien y rester!

Vous faites partie de la nouvelle génération du hip-hop français. Sentez-vous une rupture avec des groupes comme NTM ou IAM?
Non, nous sommes en accord avec leur musique. Nous avons éduqué notre oreille avec le hip-hop américain et notre flow avec les textes des rappeurs français, comme ceux de IAM que l'on a écouté en boucle. Nous ne sommes pas dépaysés, nous essayons simplement de nous surpasser et si ces efforts paient et que notre son peut apporter sa pierre à l'édifice du rap français, nous en serons très fiers.

Le tourbillon politique qui a agité la France ces derniers mois a-t-il eu un impact sur l'écriture de vos textes?
Pas vraiment. Déjà parce que la campagne présidentielle n'était pas exactement d'actualité au moment de la préparation de l'album – ça fait deux ans que nous planchons dessus, c'est un disque qu'on a voulu construire sur la durée. Et ensuite parce que nous préférons éviter d'écrire des textes "à la mode", surtout en matière de politique, sachant qu'ils sont souvent utilisés dans certaines campagnes pour obtenir des voix. Le tout crée de faux débats orchestrés par les politiques eux-mêmes pour éviter de parler des vrais problèmes. Nous refusons d'être les acteurs de ces querelles, nous préférons tenir des discours plus intemporels, comme l'amour que l'on porte à sa mère dans le single Avant qu'elle parte.

Vous sentiez-vous tout de même concernés par cette campagne?
Forcément, nous sommes citoyens français: ces élections concernent l'avenir de notre pays et vont influencer notre futur. Mais nous sommes artistes avant tout, avant même d'être engagés politiquement. Donc évidemment, nous suivons tout ça, mais nous n'en parlons pas pour autant. Ce n'est pas pour rien qu'il y a des rideaux devant les urnes.

Vous n'avez donc pas utilisé votre "statut" pour pousser les jeunes à aller voter, comme certains autres artistes?
Si, on l'a fait. Mais sans pousser vers un parti en particulier. Le seul parti pour lequel je pourrais appeler les jeunes à voter, ce serait les Verts. L'écologie, c'est un vrai problème par rapport aux fausses problématiques qu'abordent les politiques. Et même si ça peut paraître bateau pour certains, il est essentiel aujourd'hui de préserver la planète. Et la France est à la traîne à ce niveau.

Pourtant, dans 75 degrés, vous dites "Marine Le Pen sera présidente, oui… Le jour où les animaux pourront voter". C'est prendre parti, non?
Oui, mais pour s'en moquer. Le Front National, c'est une réalité, mais ce n'est pas quelque chose qui nous inquiète vraiment. Marine Le Pen fait encore partie de l'utopique. Je ne pense pas que la France soit assez folle pour aller jusqu'au bout de ses impulsions "front-nationalistes".

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Sexion d'assaut
L'apogée
Sony Music

Le 11/5 à Forest National (complet) et le 15/7 à Dour.

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