Sexe: Quand l’âge grippe les rouages, adieu les galipettes!

Des hormones disparaissent et c'est toute une relation de couple qui change. Il existe une parade. Mais elle est risquée.

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Dans l’enfance, filles et garçons partagent les mêmes jeux. On note assez peu de différences d’ordre physique ou psychologique entre eux.

Tout change à la puberté lorsque les hormones sexuelles produites massivement déclenchent une série de transformations morphologiques et comportementales. Les garçons se masculinisent. Les filles se féminisent. Souvent, ils tombent amoureux les uns des autres et s’unissent pour affronter à deux les épreuves de la vie. Si le couple survit pendant quelques dizaines d’années (si, si, cela arrive) ou même s’il se recompose un grand nombre de fois, les conjoints parviennent à un stade où les différences s’amenuisent. Ils vivent une sorte de puberté à l’envers qui affecte évidemment l’équilibre de la relation.

Ce phénomène s’explique par la diminution progressive de l’activité des glandes endocrines (ovaires, testicules). Les femmes produisent moins d’œstrogènes. Les hommes, moins de testostérone. Le déclin se produit pratiquement au même âge. Il est beaucoup plus brutal pour elle que pour lui, avec notamment une perte irrémédiable de fertilité vers l’âge de 50 ans qui ne connaît pas d’équivalent masculin.

Maman, tu peux garder mes mômes?

La ménopause est un phénomène inéluctable. Presque mathématique. On estime en effet que 400 ovules environ arrivent à maturité au cours d’une vie de femme sur les centaines de milliers de follicules présents à la naissance. A raison d’une ovulation par mois, il faut donc une bonne trentaine d’années pour épuiser le stock (400/12 = 33,3 ans). En général, la ménopause survient donc entre 45 et 52 ans. Parfois un peu plus tard ou un peu plus tôt. Cela dépend de l’âge de la ménarche (survenue des premières règles), ainsi que de plusieurs facteurs liés à la génétique et au mode de vie. Par exemple, on sait que la cigarette abaisse l’âge de la ménopause d’un an ou deux. A part ne pas fumer, on ne peut pas faire grand-chose pour retarder l’échéance.

Pourquoi l’espèce humaine est-elle seule victime de ce tarissement hormonal? A vrai dire, on n’en sait rien. On peut le voir comme la conséquence inattendue de l’accroissement phénoménal de notre espérance de vie. Rappelons que la durée de vie moyenne était de 17 ans au temps de la préhistoire. Nous vivons désormais cinq à six fois plus longtemps. Il se pourrait tout simplement que la nature n’ait pas anticipé un tel gain de longévité. Une autre hypothèse séduisante repose sur notre propre complexité organisationnelle. Un bébé humain doit apprendre énormément de choses avant d’être autonome. L’éducation est une tâche si lourde et si longue qu’une génération de parents n’y suffit pas et qu’il faut aussi l’aide des grands-parents. D’où cette idée de les décharger de leur propre rôle dans la reproduction. En clair, l’andropause et la ménopause seraient là pour nous rendre plus disponibles aux autres.

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Gilles Goetghebuer

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