Séries, du vrai au faux

Chaque série a sa part de vérité historique. Plus ou moins grande. Plus ou moins vérifiable. De la plus crédible à la plus fantaisiste.

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Un village français

La plus rigoureuse. Supervisée par Jean-Pierre Azéma, historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, la série qui s’est attachée à faire dans la nuance est très souvent citée en exemple pour son respect de l’histoire. Ceux qui ont voulu lui chercher des poux sont, au mieux, tombés sur de petites pellicules.

Rome

L'inaugurale ???. Les décors spectaculaires reconstitués à Cinecittà, grâce à un plantureux budget, ont emporté l'adhésion des latinistes qui ont aussi salué l'écriture des personnages, jugée conforme aux mœurs de l'époque. Pourtant, ce n'est qu'un court passage de La guerre des Gaules de César qui atteste l'existence de Lucius Vorenus et Titus Pullo, légionnaires de la "treizième", emportés dans le tourbillon de la grande histoire de Rome.

Mad Men

La plus "atmosphère". Au cours d’un épisode qui se déroule en 1968, il est mentionné une réservation au restaurant "Le Cirque" qui n’a ouvert ses portes que… six années plus tard. Quand on voit que le créateur de la série sur les pubards s’est confondu en excuses pour cette petite erreur, on se dit que le reste du script doit être vraiment léché.

Game Of Thrones

La plus inventive. En s'affranchissant de toutes références historiques précises mais en en mélangeant les meilleurs ingrédients, l'épopée du royaume des sept couronnes réalise l'alchimie parfaite entre le récit d'aventures, le conte ancestral, le fantastique et la narration de série moderne. Vivement la saison 5 sur BeTV en avril.

Boardwalk Empire

La plus mafieuse . Le drame sur la prohibition dispose d’un employé à plein temps, pour vérifier chaque détail. Fan de Deadwood, le scénariste Terence Winter avait pris l’habitude de googliser les personnages, se gâchant la suite de la série. Il a donc tenu à ajouter des éléments de fiction à certains parcours réels, comme celui de Nucky (inspiré d'un personnage réel) et les autres patrons de la mafia, pour conserver du suspense à cette fresque tirée d'une étude sur le crime organisé à Atlantic City et établie pendant 40 ans par un juge.

Downton Abbey

La plus stylée. Les événements du début du 20esiècle vécus par le prisme d'une famille d'aristocrates et de leurs "gens" se doit d'être bien étayée et vraisemblable. Mais… "la relation que les domestiques entretiennent avec leurs employeurs est totalement fantaisiste, a affirmé l'historienne anglaise Jennifer Newby, ajoutant: "Ils sont aussi trop propres, je ne pense pas que les gens réalisent à quels points les serviteurs puaient". Une réalité masquée par des histoires à l'eau de rose?

Borgia

La plus perverse. Plus crédible que son équivalent américain avec Jeremy Irons, la version de Tom Fontana introduit des éléments d’arrière-plan jugés cohérents par certains historiens, mais s'intéresse plus au réalisme des scènes trash qu'au respect de la chronologie et s’égare dans les sous-intrigues.

Inquisitio

La plus controversée. ""Mon" Moyen Âge s’inspire parfois aussi bien des historiens que de la science-fiction et des jeux vidéo" , dixit le réalisateur français Nicolas Cuche. Le ton était donné pour cette saga stylisée au parfum de Nom de la rose. La représentation de Catherine de Sienne en terroriste foldingue a rendu hystériques certains catholiques. Pourtant, des historiens n’ont pas démenti.

Les Tudors

La plus inégale. Chariots victoriens et costumes de l’ère élisabéthaine pour cette série sous… Henri VIII! S'il entend montrer une ambiance de cours pleine d’intrigues probablement proche de la réalité, le programme ne s’encombre pas de détails. Le wiki de la série s’amuse même à lister petites inexactitudes et grosses incohérences.

Spartacus

La plus sanglante. Peut-on parler de série historique ou est-il plus sage d’évoquer une fiction en jupette voire un porno soft en costume? A la décharge des créateurs, ils n’ont jamais affiché l’ambition de produire un documentaire sur les gladiateurs. Ils promettaient du sang et des fesses, il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise.

Reign

La plus nunuche. Ce serait les Gossip Girl venues saccager les penderies de Marie Stuart, reine d'Ecosse, et piétiner le minimum de crédibilité demandée à une série historique. Un "soap" indigeste où flottent anachronismes, rebondissements pour ados et nunucheries sentimentales.

 

Retrouvez un dossier complet dans le Moustique du 18 février 2015.

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