Séries de maîtres

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ces quatre séries télé sans oser le demander.

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Retrouvez cette sélection de séries TV dans notre dossier spécial dans le Moustique du 29 octobre 2014.

David Fincher, Martin Scorsese, Jane Campion, Steven Soderbergh. Aujourd'hui, les grands réalisateurs désertent Hollywood pour trouver refuge dans les séries télé. Pourquoi?

Top Of The Lake. Paradise, un coin perdu dans les paysages splendides de la Nouvelle-Zélande. Une jeune inspectrice mène l'enquête après la disparition d'une jeune fille de douze ans, enceinte. Evoquant la violence faite aux femmes et la force de la nature, les six épisodes de Top Of The Lake ont été financés par BBC Worldwide. Ecrite et en partie réalisée par Jane Campion, elle fut la première série diffusée en une longue séance de sept heures au prestigieux festival de cinéma de Sundance. Avant d'être aussi programmée aux festivals du film de Berlin et de Cannes. Un must du genre, dont Jane Campion vient d'annoncer le tournage d'une seconde saison.

House Of Cards. Première série produite par Netflix, géant de la vidéo à la demande, House Of Cards propose un programme cent pour cent réjouissant: pouvoir, manipulation et coups de pute de dimension olympique. Elu démocrate à la Chambre des représentants, Frank Underwood a aidé Garrett Walker à devenir président des Etats-Unis contre la promesse d'un poste de Secrétaire d'Etat. Mais très vite, il apprend que ce dernier ne compte plus honorer sa promesse. Avec sa femme Claire, Underwood se lancera, la rage au ventre, à la conquête du pouvoir. Et gare à ceux qui se mettront sur son chemin. Car rien n'arrêtera cet homme prêt à tout pour arriver à ses fins. A la tête de House Of Cards, on trouve un certain Beau Willimon, auteur du déjà très politique The Ides Of March de George Clooney. Mais aussi David Fincher qui en a réalisé les deux premiers épisodes avant d'en devenir producteur exécutif. Devant la caméra, Kevin Spacey (Usual Suspects, American Beauty) est glaçant d'ambition.

The Knick. Souvent, les réalisateurs stars se contentent de diriger les premiers épisodes d'une série pour imposer leur style avant de refiler le bébé à un autre metteur en scène qui suivra leurs instructions. Rien de tout cela ici puisque Steven Soderbergh a réalisé lui-même les dix épisodes de la première saison de The Knick. Ou l'histoire du Dr John Thackery au Knickerbocker Hospital de New York au tout début du vingtième siècle. Le taux de mortalité vient soudainement d'augmenter. Et le chef du service de chirurgie doit repousser les frontières de la discipline, quitte à utiliser des méthodes peu orthodoxes. Autrement dit: âmes sensibles, s'abstenir. D'autant plus que ce cher Thackery est un vénéneux opiomane, magnifiquement interprété par Clive Owen, qui trouve ici l'un de ses plus beaux rôles.

Boardwalk Empire . En cinq saisons, l'ascension et la chute d'Enoch "Nucky" Thompson, politicien véreux le jour et bootlegger tout le reste du temps. C'est aussi et surtout le portrait d'Atlantic City, fille perdue du New Jersey, capitale du jeu, de l'alcool et bientôt de l'héroïne. C'est surtout en ces années de prohibition le berceau d'un crime en train de s'organiser où se croisent, alors débutants, les futures grandes figures de gangsters (Al Capone, Lucky Luciano, Arnold Rothstein, Meyer Lansky, "Bugsy" Malone ou Enoch Lewis Johnson, vrai nom de Nucky Thompson). On comprend que Martin Scorsese, champion du genre, se soit intéressé à cette préhistoire de la mafia. En réalisant de manière spectaculaire le premier épisode, en garantissant à la suite une production luxueuse, il a imprimé son sens vertigineux du clair-obscur des psychologies criminelles, des reconstitutions réalistes (violences comprises) et même un générique qui sonne comme un titre de ses chers Rolling Stones. Le verdict est simple: Boardwalk Empire est un magnifique addendum au sublime Parrain II de Coppola.

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