Selah Sue: Femme sous influence

De son vrai nom Sanne Putseys, Selah Sue a connu tant de moments grisants, ces derniers mois, qu'on ne sait pas par où commencer.

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De son vrai nom Sanne Putseys, Selah Sue a connu tant de moments grisants, ces derniers mois, qu’on ne sait pas par où commencer.

Alors, pour faire court, nous rappellerons qu’elle a fait pleurer Nagui en chantant Walk On The Wild Side avec Moby sur le plateau de Taratata, joué en première partie de Prince au Sportpaleis et posé sa voix sur l’album blockbuster de Cee-Lo.

Tout ça pour un délicieux petit bout de femme originaire de Leefdaal, près de Louvain, qui justifie le buzz par trois concerts complets à l’AB et un premier album parfaitement honorable. On y retrouve son hit Internet Raggamuffin, son premier single Black Part Love, son duo avec Cee-Lo (Please), un autre avec Me’Shell Ndegeocello ainsi que des compositions ragga/hip-hop/soul de haut vol. A la veille de la journée internationale de la Femme, fêtée ce 8 mars, elle nous dévoile ses plus grandes influences féminines.

Ma maman. « Je lui dédie la chanson Mummy sur mon album et elle le mérite bien. Une grosse majorité des textes de mon disque évoque ma puberté, une période qui a été extrêmement pénible pour moi. De 12 à 17 ans, je n’ai pratiquement jamais souri ou souhaité socialiser. J’avais le sentiment de n’être rien du tout. J’ai connu la dépression, les médicaments, les séances chez le psy. Ma mère a toujours été là et je ne sais pas ce que j’aurais fait si elle avait été absente, ne fût-ce qu’un jour. »

Ma sœur. « Petite, je rêvais d’être ballerine, puis j’ai arrêté les cours de danse car je m’ennuyais. C’est ma frangine qui m’a poussée à chanter. J’avais choisi le nom d’artiste Selah en référence à une chanson de Lauryn Hill. Ma sœur m’a conseillé de rajouter « Sue » pour que ça sonne mieux. »

Lauryn Hill. « Son album solo « The Miseducation of Lauryn Hill » est le disque que j’ai le plus écouté dans ma vie et certainement celui que j’emmènerais sur une île déserte. Sa manière totalement décomplexée d’écrire m’inspire. Elle peut enchaîner une ballade soul, une chanson gangsta girl et un refrain plus engagé. C’est un peu un modèle pour moi. »

Selah Sue. « La phrase qui résume le mieux cet album, c’est « Apprends à t’aimer toi-même« . Après des années de doute, je me connais mieux, je suis fière de mon travail et j’ai confiance en moi. L’un de mes plus beaux souvenirs remonte au festival de Dour en 2009. Je chantais en solo au dance-hall. Je m’attendais à jouer devant dix personnes et c’était rempli à craquer. A un moment, j’ai demandé au public de s’asseoir à terre parce que j’allais interpréter une chanson très calme. Et tout le monde s’est exécuté. Je n’en reviens toujours pas. »

La femme de Prince. Je triche un peu, là… C’est sa femme qui m’a proposé de le rencontrer dans sa loge au Sportpaleis. Je n’aurais jamais osé y aller toute seule. J’ai posé deux questions à Prince. « Etes-vous heureux? » et « Me conseillez-vous de prendre des leçons de guitare?« . Il m’a dit qu’il était heureux mais que le business le fatiguait. Puis, il a pris une guitare et a joué quelques notes. « Si tu connais ces accords, tu peux tout apprendre par toi-même« , a-t-il répondu. Cool!
Luc Lorfèvre

Les 11, 12 (complets) et 13/3 à l’AB.

Selah Sue« Selah Sue »
Warner
Notre avis: 2 étoiles

Walk on the wide side