Secret Story: L’émission qui déchire

Depuis le 8 juillet, le monde est coupé en deux. La crise? La Grèce? Non, Secret Story qui oppose ceux qui regardent et ceux qui critiquent ceux qui regardent.

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Après quatorze semaines de jeu, de chasse aux secrets, d'émotions, de cris, de rires, de larmes et de beaucoup de conneries (dites, montrées et susurrées), les portes de Secret Story se referment. Pour certains téléspectateurs, elles ne se sont jamais ouvertes, Secret Story ayant au moins un pouvoir, celui de diviser le monde en deux – ceux qui regardent et ceux qui ne regardent pas. Ceux-là ignorent donc que, ce vendredi 14 octobre, un des dix-huit candidats repartira avec le chèque de 150.000 €… Ceux qui ont regardé ont regardé pour toutes ces bonnes mauvaises raisons:

Un excellent casting qui produit du champion

Sans complexe (même si certains devraient en avoir) et sans état d'âme, les candidats sont prêts à s'exhiber, à trahir leur clan, à feindre tous les sentiments, exploitant des stratégies de Monopoly et des tactiques de dominos qui tombent.

On retiendra de cette promotion 2011 Zelko, Serbo-Croate aux intonations de primate, au regard inquiétant et au rire de chevrette – il articule peu, ce qui a poussé la production à le sous-titrer! Marie, poupée Barbie pleurnicheuse avec accent de Montpellier. Elle est accouplée à Geoffrey, un garçon qui semble venu d'ailleurs (même si on le localise, lui aussi, dans la région du Languedoc-Roussillon), créature génétiquement modifiée à partir d'un Ken en plastique et d'un bac à shampooing.

Eliminée, Ayem, bombe sexe, s'est imposée comme l'une des personnalités du jeu et s'en sort avec un statut people à faire fructifier à l'extérieur. La fille que toutes les femmes adorent détester. Et que tous les mecs rêvent de… enfin soit…

Chez les Belges (le Belge étant une denrée quasi obligatoire dans la composition de la salade Secret Story), on pointe Aurélie, devenue célèbre pour son franc-parler, ses petits dérapages d'accent et, surtout, pour son léger problème de grignotage qui, mine de rien, s'est transformé en quasi-phénomène de société.

Des règles du jeu qui bougent tout le temps et excitent les instincts

Contrairement aux saisons précédentes, les règles du jeu se sont pliées aux caprices les plus inattendus (mais aussi les plus débiles) des instigateurs. Pouvoirs d'un jour, indices offerts, cartes d'immunité, cagnottes vidées, nomination pochette-surprise, tunnels secrets, maison dans la maison…

Au plus fort de la compétition, la voix utilise les candidats pour faire le show: chouchous, simulations, pièges… On a parfois frôlé le sadisme à l'état le plus crétin, mais on a pu – c'est étonnant – éviter la totale régression au stade psycho. La prod nous a fait grâce des images de candidats s'entraînant à élever un bébé en jouant à la poupée – Amélie et Senna qui donnent le biberon au poupon, c'était trop l'année dernière.

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