Sauvez votre argent

Le gros carton des bons d'État le montre à souhait: le Belge cherche à se rassurer en cette période financière et bancaire chahutée. Voici comment préserver votre épargne.

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Plus de cinq milliards d’euros collectés en une semaine. C’est un succès tout bonnement incroyable qu’ont remporté les bons d’État émis par feu le gouvernement Leterme. Et dire que le premier sortant ne s’attendait qu’à atteindre la barre des 200 millions… Il faut reconnaître qu’en ces temps d’incertitude pour les épargnants, cet emprunt public – comprenez la mise en vente d’une partie de notre dette publique – est une aubaine: il offre un taux d’intérêt (3,4 % net sur cinq ans) largement supérieur à celui du classique livret d’épargne (à peine plus de 1 %). Il permet ainsi de mettre tout ou partie de son argent à l’abri de l’inflation, cette satanée augmentation du coût de la vie qui flirte actuellement avec les 2,5 %. Et puis, acheter de la dette belge, c’est non seulement un placement béton mais aussi un acte citoyen. Que ceux qui ont loupé cette opportunité se rassurent: il existe un marché secondaire sur lequel s’approvisionner en obligations nationales.

Cette ruée vers les bons d’État met deux réalités en lumière. La première: les Belges restent des champions de l’épargne. Ils disposent d’un bas de laine très épais – 800 milliards d’euros si on exclut l’immobilier – et ils sont prêts à déplacer rapidement leurs deniers quand se présente un nouveau placement de bon père de famille. La seconde réalité: préserver son patrimoine est une préoccupation qui trotte dans tous les esprits et pas seulement chez les plus nantis. Certes, nous avons enfin un nouveau gouvernement – Elio Ier – qui va pouvoir œuvrer à mettre la Belgique à l’abri des spéculateurs et des agences de notations. Et par là même limiter la casse de l’austérité. Certes, on voit très mal l’euro disparaître dans la tempête de l’endettement grec, espagnol et italien. Certes, les Bourses remontent lentement la pente. Certes, se profile la perspective de taux d’intérêt plus favorables à l’épargnant. N’empêche, le climat reste à la méfiance, voire au malaise. Et cela se comprend aisément.

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Compte d’épargne 5/10: Rassurant mais stérile

Notre bon vieux compte d’épargne n’a plus la cote. Pourtant, il a encore quelques atouts. "Il reste le placement vraiment sans risque. C’est le produit le plus souple, puisque l’argent est disponible à tout moment. En prime, chaque épargnant bénéficie d’une garantie d’État à hauteur de 100.000 €, explique Nicolas Claeys de Test-Achats Invest. Chaque banquier devrait d’ailleurs conseiller à ses clients d’en ouvrir un pour y déposer au minimum une épargne de précaution, un montant correspondant à quelques mois de salaire pour faire face à des imprévus de la vie (hospitalisation, accident de voiture, etc.)." Seul hic, tous les taux d’intérêt sont bas. À tout casser 2,5 %, prime de fidélité incluse. Avec une inflation future qui ne devrait pas être inférieure à 3 %, l’épargnant perd de l’argent. Laisser l’intégralité de son argent sur un compte d’épargne est donc stérile. Seul espoir en vue: si la crise de l’euro se résout, les taux pourraient se redresser.

Obligations et bons d’État 7/10: Retour en grâce

Jadis, on considérait les bons d’État ou obligations d’État sans risque. Aujourd’hui, suite aux graves problèmes financiers rencontrés par différents États de la zone euro (Grèce, Espagne, Italie…), tous ces types d’emprunts ont perdu de leur crédit. Sauf si on a encore confiance… en son propre pays, comme en atteste le succès du tout récent emprunt d’État belge. "Il y a peu, personne n’aurait pu imaginer pouvoir encore obtenir ce taux de la part de l’État belge, analyse Nicolas Claeys. Le plus étonnant est que, simultanément, sur le marché secondaire, on pouvait aussi acheter d’autres bons d’État belges, émis dans le passé, avec un rendement de 5 %." Il y a donc des bonnes affaires à réaliser sur le marché secondaire.

Les emprunts d’État représentent un bon placement pour tous les profils prêts à bloquer leur argent durant trois, cinq ou huit ans. "Mais attention, pointe un conseiller de la banque BKCP, il n’est pas recommandé d’opter pour des placements supérieurs à cinq ans car il est crédible d’envisager une remontée des taux d’intérêt à cet horizon."

Autre conseil: voir au-delà de la zone euro, comme l’explique Test-Achats: "Quelqu’un qui veut un portefeuille diversifié peut très bien s’intéresser à des obligations émises par des États aux finances publiques saines comme la Suède, le Danemark, le Canada… Ces pays ne sont pas très endettés, ont des budgets équilibrés et résistent bien à la crise".

Comptes à terme et bons de caisse 6/10: Taux ou tard

Les deux produits sont proposés par les banques. Ce sont des placements à rendement progressif et à durée fixe. De quelques mois à… quinze ans. Seule différence, le bon de caisse peut être revendu sur le marché boursier secondaire. Ces placements bénéficient aussi de la garantie boursière jusqu’à 100.000 €. Le taux avoisine actuellement les 3,5 % sur une période de dix ans. Les spécialistes que nous avons consultés conseillent de ne pas s’engager sur ces produits pour des durées trop élevées car il est idiot d’investir aujourd’hui à long terme dans un produit à taux faible qui risque de remonter demain. Certains mettent en avant le fait qu’avec des comptes à terme et des bons de caisse, on a, au pire, l’assurance de récupérer à l’échéance son capital initialement placé. À ce détail près que les sommes initialement placées n’auront plus la même valeur dix ans plus tard, inflation oblige.

Épargne pension et fonds de pension 8/10: L’indispensable troisième pilier

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Assurance vie 7/10: Pépère

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Obligations d’entreprises 6/10: La qualité avant tout!

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Action et sicav 4/10: La Bourse? Pas l’envie…

Pour Monsieur Tout-le-monde, c’est devenu le "compartiment sueurs". Plutôt froides. Avec les Bourses qui dévissent, les banques qui flanchent et les États aux abois, la méfiance des particuliers envers les actions et les sicav (panaché d’actions, d’obligations, de cash, de comptes à terme, etc.) est montée en flèche. Pourtant, pour peu qu’on soit avisé et bien conseillé, ce type de placement n’est pas à négliger. À trois conditions: diversifier son investissement dans plusieurs actions, miser sur le long terme et rester vigilant.

Beaucoup de nos observateurs appellent à redoubler de prudence vis-à-vis de "produits structurés" dont les résultats dépendent de facteurs incontrôlables. Le produit structuré est, en effet, constitué de plusieurs composants et les pertes de l’un peuvent être compensées par les gains d’un autre, mais cette alchimie est de moins en moins sûre. Pourtant Bernard Bemelmans (Dexia) rassure: "Le produit structuré peut combiner des obligations qui garantissent la protection du capital et des produits boursiers. Si les Bourses montent, le client bénéficie d’une participation à ce redressement et obtient un rendement supérieur à celui de l’obligation classique. Si ça baisse, le client n’est pénalisé que dans le sens où il n’obtient pas de rendement".

Nicolas Claeys de Test-Achats prévient cependant: "La Bourse demande une gestion très sérieuse et du sang-froid pour ne pas perdre de l’argent. La banque doit mettre en garde sur les risques. Au niveau des actions, il y a celui de perdre tout son argent. Mais il y a aussi la possibilité de réaliser de belles plus-values à long terme. La seule consigne à suivre, c’est d’investir dans plusieurs actions. Comme cela, si l’une se plante, les autres sont là. Les actions, c’est pour des gens spécialisés. Celui qui n’y connaît pas grand-chose se tournera plutôt vers les sicav et les conseils d’un spécialiste en placement". Dernier conseil pour la route: les États-Unis, la Suisse, la biotechnologie et l’énergie seraient des secteurs attractifs en matière d’actions.

Immobilier 5/10: Une brique dans le vent

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Or 6/10: Lingot – dingo

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Retrouvez tous nos conseils dans notre dossier de cette semaine.

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