Sandrine Corman: « La Belgique me manque »

L'animatrice passe la moitié de son temps dans une France qui lui trouve un incroyable talent. Sa force: ça fait 15 ans qu'elle ne demande rien à personne.

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Comme Julie Taton, Agathe Lecaron ou Virginie Efira (en son temps), elle a fini par s’incliner: la Belgique est trop étroite que pour y vivre une longue histoire télévisuelle. Du coup, depuis quelques années, Sandrine Corman profite allègrement d’une seconde carrière sur M6, où les projets pleuvent. A-t-elle déserté sa terre natale pour autant? Pas du tout: elle y habite toujours, et RTL a bien l’intention de faire revenir son poulain de temps en temps. Pour le Télévie, déjà. Mais pas seulement…

Beaucoup de gens pensent que vous habitez aujourd’hui en France. Comment expliquez-vous cela?
Sandrine Corman – Je sais, c’est dingue. Les gens sont toujours surpris quand ils me voient ici. C’est probablement à cause du fait que je suis moins présente sur l’antenne de RTL ces derniers temps. Mais j’ai acheté une maison ici, en Belgique, et même mon amoureux parisien est venu habiter avec moi. Je pars uniquement pour travailler, mais dès qu’un tournage s’achève, je rentre.

Il ne faut pas habiter à Paris pour réussir en France?
Je n’en ai pas du tout l’intention. D’abord parce que je n’ai pas forcément envie de "réussir" plus. Ensuite parce que je ne m’y sens pas à l’aise. Les gens dans le métro, les taxis, les klaxons… Y a une énergie folle dans cette ville, mais aussi une sorte d’agression permanente.

Rappelez-nous ce que vous y faites en ce moment.
Chaque samedi, depuis septembre 2011, j’anime le magazine people Accès privé, une sorte de 50 mn inside version M6. Ça me manquait vraiment d’avoir un rendez-vous récurrent avec le public. A côté de cela, je viens de terminer ma 4e saison de La France a un incroyable talent, en coprésentation avec Alex Goude. Pour moi, il s’agit clairement d’un des derniers programmes familiaux de notre époque: parents et enfants s’y retrouvent. En France, son succès est croissant. Je viens d’ailleurs de signer pour la saison 8.

Vous auriez aimé être à la place de Julie Taton?
Il en a été question. En tout cas, j’en avais émis le souhait à RTL. Mais comme je présentais déjà la version française (relayée chez nous sur Plug RTL), ils ne voulaient pas faire l’amalgame. Surtout qu’ils voulaient faire une émission très différente… Mais Julie a très bien fait ça.

Faire des émissions en Belgique, ça vous manque?
Oui! Quand je vois Stéphane Rosenblatt (directeur des programmes de RTL-TVI) ou Eusebio Larrea (responsable de Plug RTL), je leur dis "Allez, donnez-moi des émissions". Mais le temps où je présentais Ça alors (avec Jacques van den Biggelaar) ou Les balades de Sandrine est malheureusement révolu. Tous les magazines sont pris et dans mon créneau qui est le divertissement, il n’y a pratiquement plus de projets. Que voulez-vous: si les gens préfèrent regarder les séries américaines, c’est leur droit…

Vous venez néanmoins de tourner le pilote d’une nouvelle émission qui devrait s’appeler Le chef des chefs.
Oui. Je ne suis pas certaine d’avoir le droit d’en parler… Mais disons qu’il s’agit d’un jeu tournant autour de la cuisine, et qu’Yves Mattagne m’accompagne.

De la cuisine, encore? Vous n’avez pas peur de gaver le téléspectateur?
Non. On est ici dans un concept réellement innovant et produit par Keynews. C’est pour s’amuser. Effectivement, je ne pense pas que les gens aient envie de voir un nouveau Top Chef ou un truc du genre. Promis: on passe à autre chose.

Vous avez une émission préférée?
En fait, je regarde très peu la télé. Je range, je fais la cuisine, je nettoie et, surtout, je m’occupe de mon fils. Je préfère donc m’affaler quand j’ai vraiment le temps, mais plutôt devant une série. En ce moment, je suis totalement accro à Homeland.

Parmi les animatrices, vous avez un modèle?
Pas du tout. Quand on a un modèle, on essaie forcément de s’en approcher ou de l’imiter. Or, je suis convaincue qu’à la télé, il faut rester soi-même. Mon énergie, ma spontanéité et mon sourire, ce sont les miens. D’ailleurs, les Français vous le diront: c’est le naturel des animatrices belges qui leur plaît. Cela dit, j’apprécie beaucoup Sandrine Quétier et Alessandra Sublet.

C’est facile de rester naturelle dans un univers artificiel?
En tout cas, c’est ma philosophie. Je ne reste pas dans ma loge en attendant que l’émission commence, je parle avec les techniciens et je vais manger à la cantine. Certains animateurs français prennent le petit personnel pour de la merde, ils sont hautains et se croient tout permis. Pourquoi? On a fait d’eux des stars, voire des icônes et ils se sont déconnectés de la réalité.

Jusqu’ici, de quoi êtes-vous le plus fière dans votre carrière?
Le fait d’être arrivée jusqu’en France. Quand je me retrouve à côté de Thierry Ardisson sur le plateau du Sidaction, je suis contente du chemin parcouru. Moi, à la base, je ne rêvais pas du tout de ça. J’étais un garçon manqué, une sorte de première de classe (sans les lunettes, je précise) et je voulais être avocate ou interprète. Mais il y a 16 ans, ma mère m’a inscrite à Miss Belgique et tout s’est enchaîné très vite. Je crois que c’est aussi pour ça que j’avance sans me poser de questions, en gardant la tête sur les épaules, en n’étant jamais blasée et en évitant de prendre tout cela trop au sérieux!

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