Ryan Gosling: « Mon toubib m’a conseillé de tourner des films plus légers »

Le nouveau bad boy d’Hollywood termine son année avec un Drive d'enfer. Comme quoi, le Club Mickey mène à tout…

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"Faites attention, ce n’est pas un client facile", nous souffle une consœur, blême, remballée après quelques minutes de la salle où Ryan Gosling reçoit la presse. Il faut dire que la nouvelle coqueluche canadienne d’Hollywood cultive bien comme il faut son image de bad boy tour à tour apathique et mordant. T-shirt savamment chiffonné et jeans majestueusement malmené, ce fringant trentenaire nous reçoit avec l’œil sceptique, visiblement plus prompt à un combat verbal qu’à une interview promotionnelle bien balisée. "J’aime les films et les journalistes qui ont des couilles", nous lance-t-il d’entrée de jeu. Après Blue Valentine, Crazy Stupid Love ou The Ides Of March, Ryan Gosling boucle l'année avec Drive. Un coup de maître qui l'impose comme LE nouveau bad boy d'Hollywood. Les filles, baissez la garde. Il est impossible de résister. Tom Cruise est mort, vive Ryan Gosling!

On dit que vous faites des films pour ne pas devenir dingue. C'est vrai?
Ryan Gosling – C'est vrai pour les comédies. Mon toubib m'a dit d'accepter des films plus légers de temps à autre. J’avais tellement souffert en préparant le rôle de mari dépressif pour Blue Valentine que j’en ai été atteint physiquement. Bien au-delà de ce que le travail de l’acteur exigeait. J’aurais pu stopper ma carrière comme Joaquin Phoenix qui n’a jamais vraiment récupéré de ce type de rôle dans Two Lovers. Mais comme je commençais seulement à percer, je n’allais pas déjà abandonner. De toute façon, le job d’acteur a toujours été salvateur d’une manière ou d’une autre pour moi.

Depuis vos débuts au Mickey Mouse Club quand vous aviez 13 ans?
Absolument! J’étais timide et moins doué que d’autres membres de ce spectacle de danse, comme Justin Timberlake ou Britney Spears, mes collègues. C’est pour surmonter ma peur et maîtriser mon stress que je me suis lancé dans la danse. Dans les spectacles, il fallait parfois jouer la comédie. C'est là que m’est venue la vocation. Mais j’étais déjà aussi un gros feignant. Bien souvent, quand les autres allaient répéter encore et encore, je me baladais dans le Parc Disney World. Puis, un jour, j’ai lu la devise du Parc sur une enseigne: "Where Dreams Come True" ("Où les rêves se réalisent"). C’est à ce moment que je me suis dit que j’allais dorénavant vraiment tout faire pour essayer de devenir acteur.

Un peu biblique comme explication! Presque trop simple pour être honnête…
(Visiblement piqué au vif.) Et pourtant! Je vous jure que c’est la vérité! C’est Mickey qui m’a donné envie de faire du cinéma. Où je joue principalement les dépressifs et les sales gosses. Bien loin de l’univers Disney…

Après quelques bons films indépendants (Half Nelson, Blue Valentine), il a fallu attendre quelques grosses machines (Crazy Stupid Love, Drive, The Ides Of March) pour que le grand public vous découvre enfin. Vous vous sentez encore proche du circuit indépendant?
Plus que du circuit mainstream en tout cas! Généralement, les productions indépendantes sont meilleures que les autres parce qu’il y a moins de pression sur le plateau. Plus il y a de l’argent en jeu, plus il y a de stress, et plus cela se ressent sur le travail des acteurs. La peur de perdre trop d’argent génère des réflexes contre-productifs. Dans l’indé, il y a peu de pognon en circulation. Donc pas de risque d’en perdre trop… Le mainstream est l’art du consensus mou et du risque trop calculé. Pas trop mon genre…

Et vous ne connaissez aucun réalisateur indépendant qui saurait passer du côté grand public sans perdre des plumes?
Je n’ai jamais travaillé avec une personne de ce type, en tout cas. Mais je vais bientôt débuter le tournage d’un remake de L’âge de cristal avec le réalisateur Nicolas Winding Refn, qui vient de signer Drive. Ce film dispose de gros budgets, son réalisateur est farouchement indépendant. Donc, peut-être que je vais changer d’avis…

Et George Clooney, avec qui vous avez travaillé dans The Ides Of March? Il signe de temps en temps des films risqués…
Devenir, comme lui, une figure reconnue sur laquelle on appose l’étiquette "indé" fait de vous un "indépendant grand public". C’est un positionnement hybride. Et donc déjà un peu suspect. Ce qui n’enlève évidemment rien au talent de Clooney. De plus, même si ce n’est pas critiquable, George fait partie du show-business. Avec ses soirées, ses galas de charité et ses publicités. Pas moi…

Ou pas encore…
J’espère réussir l’alliance entre le succès et l’indépendance. Bref, signer des films reconnus sans devoir aller faire de la figuration dans des shows télé de pacotille. Je vous donne rendez-vous dans cinq ans pour voir si j’ai tenu ma promesse.

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