Rwanda – 10 paras, 20 ans déjà

Le 7 avril, on célébrera l’anniversaire des assassinats, au Rwanda, des 10 paracommandos belges. Récit de leurs derniers moments par leur famille, malgré encore une petite zone d'ombre.

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Rwanda, 1994. Ce pays, cette date, utilisés ensemble, évoquent pour la plupart d’entre nous des atrocités et un génocide. Plus de 800.000 personnes, l’équivalent de la population du Luxembourg et de l’Islande, massacrées en quelques semaines. Des événements qui ont débuté le lendemain d’une date qui restera gravée à jamais dans la mémoire de dix familles belges: le 7 avril 1994, le jour où dix paracommandos originaires de la caserne de Flawinne furent, eux aussi, assassinés.

Dix familles happées, malgré elles, par le cours de l’Histoire. Car les Belges, et singulièrement le lieutenant Lotin et ses hommes de la section "mortier", ont eu un rôle involontaire mais déterminant durant les heures qui précédèrent le génocide rwandais. Quelques heures que nous racontons, aidés par quelques membres des familles du caporal Bruno Bassine, du caporal Alain Debatty, du caporal Christophe Dupont, du caporal Stéphane Lhoir, du caporal Bruno Meaux, du caporal Louis Plescia, du caporal Christophe Renwa, du caporal Marc Uyttebroeck, du 1er sergent Yannick Leroy et du lieutenant Thierry Lotin.

6 avril 1994

Kigali, capitale du Rwanda. Cela fait maintenant trois semaines que 390 soldats du 2e bataillon paracommando de Flawinne, le 2 cdo (dites "2 codo"), ont pris la relève des hommes du 1er bataillon paracommando de Diest, rentrés au pays le 15 mars. Ces hommes sont au Rwanda dans le cadre de la Minuar, mission de l’ONU visant à aider à la stabilisation du pays en proie à de graves rivalités ethniques. Il s'agit de mettre en place les accords dits d'Arusha, conclus entre l'Etat rwandais majoritairement hutu et la rébellion majoritairement tutsie du Front patriotique rwandais, exilée en Ouganda. La routine?

"Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont partis la fleur au bout du fusil", témoigne Martine Debatty, la sœur du caporal Alain Debatty. "T’inquiète, on a même droit à une raquette de tennis, c’est le Club Med là-bas", disait mon frère. De fait, l’ambiance parmi les hommes est à un certain relâchement. La veille de ce 6 avril, les hommes du peloton mortier du lieutenant Thierry Lotin ont escorté une délégation rwandaise dans un parc naturel. Une mission qui tient quasiment du tourisme, dans cette superbe région dite des "Grands Lacs" dont la savane abrite les célèbres Gorilles dans la brume, popularisés par le film à succès du même nom sorti quelques années plus tôt.

La suite dans le Moustique du 2 avril 2014.

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