Russian Red: Bons baisers d’ici

Suivant la même partition qu’Architecture In Helsinki ou I’m From Barcelona, Russian Red n’est ni russe, ni communiste.

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Et, bien qu’Espagnole, Lourdes Hernández s’exprime en anglais. A 25 ans, elle sort déjà son deuxième album, "Fuerteventura", réalisé selon une ligne de conduite déroutante: la simplicité. "Dans la vie, je pense que tout devrait se passer de manière simple et naturelle. Depuis toute petite, j’écoute de la musique anglo-saxonne. Mon oreille s’est progressivement habituée à ces sonorités et je me suis mise à écrire des chansons. Lors d’un voyage en Angleterre, j’ai rencontré un musicien par hasard. Nous avons joué ensemble, enregistré des morceaux et tout posté sur Internet. La magie de MySpace opérant, les internautes ont plébiscité ces petites chansons et un label m’a demandé d’enregistrer mon premier album."

En 2008, sort donc "I Love Your Glasses". Comme le souligne sa naïve bannière, le disque transpire sincérité et errances propres aux écrits adolescents. "D’une certaine manière, "Fuerteventura" est la continuation de ces carnets de jeunesse. Avec des années en plus et des erreurs en moins. J’ai écrit la moitié sur la route pendant les tournées et l’autre durant les périodes de repos. Cette méthode a fait naître deux types de chansons distinctes: les légères et les plus sombres."

Sur l’album, ces extrémités se cristallisent dans les titres Nick Drake et Quentin Tarantino. Entre elles s’étire toute une gamme d’atmosphères. Aux noires plongées que sont My Love Is Gone ou I Hate You I Love You répondent des sursauts encéphalogrammiques comme Everyday Everynight et même quelques flirts avec la variété internationale (The Sun The Trees).

L’ensemble n’en demeure pas moins homogène et fort mature compte tenu du gabarit de l’ibérique. "Je pense avoir un certain sens de la musique mais je ne suis pas une obsédée de l’écriture. Je n’écris que certains jours que je considère comme fastes. Par contre, en tant qu’être humain, j’ai besoin de ma dose quotidienne de décibels. Elle m’est aussi vitale que la nourriture. Dès que j’en manque, je me sens étrange."

Pour baptiser son disque, Russian Red a emprunté le nom d’une île atlantique. Sur ce caillou flottant entre Europe et Afrique, elle a pris conscience de son moi profond et décelé la direction artistique à emprunter. Un choix de titre à rebours des explications complexes. Tout simplement.

 

 

I Hate You But I Love You

The Sun The Trees

Russian Red
Fuerteventura
Sony Music

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