Roxy Music: Love Is The Drug (1975)

Chaque semaine, la petite histoire d'un grand classique du rock. Cette semaine: Roxy Music, Love is The Drug

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Des pas sur un chemin de gravier, une portière qui claque, le moteur vrombit, la chanson démarre, la séduction aussi.

Allez savoir ce qui peut bien se passer dans la tête d’un type qui se promène sans but en shootant dans les tas de feuilles mortes de Hyde Park. Est-ce que Dieu existe? Qui a tué Kennedy? Qu’est-ce que je vais manger ce soir? Est-ce qu’on joue au basket parce qu’on est grand ou est-on grand parce qu’on joue au basket?

Dans le cas de Bryan Ferry, par cette belle journée de 1975, c’est autre chose. Il se promène dans le parc londonien avec en tête une mélodie écrite par Andy Mackay, le saxophoniste de Roxy Music. Cette mélodie lui évoque un tour de maraude dans les quartiers chauds. C’est ainsi, par cette promenade innocente, que prend corps l’idée de Love Is The Drug.

Il n’y peut rien, Bryan la classe. Cette idée lui tombe sur la tête. Comme ça. Tout à trac. Comme les premières lignes de la chanson l’indiquent, c’est comme un signal qui retentit ("the bell to ring"). Il n’en peut plus, cela fait plusieurs jours qu’il se retient, faut qu’il y aille! Il traîne en ville, descend dans le quartier chaud ("the red light district") pour trouver de la marchandise ("what’s in store"). Il faut littéralement qu’il tire son coup ("need to score").

Plus tard, il gare sa voiture et se rend dans un singles bar, ce genre de bar américain pour célibataires, où, comme son nom l’indique, l’on se rend seul. Il trouve une partenaire, il est très excité: "la poutre bien levée et la concentration au maximum", "l’étreinte musclée", la frénésie, ils éteignent la lumière et l’on devine la suite ("you can guess the rest"). Et Bryan Ferry d’insister: vas-y, intoxique-toi, prends ta dose ("catch that buzz")!

Et le monsieur qui écrit cette chanson ose l’appeler Love Is The Drug, "l’amour est la drogue". L’amour? Faire l’amour oui! Ce n’est pas de l’amour, c’est du pur sexe, un réflexe bestial, irrépressible, un besoin de faire la bête à deux dos. Et dans ce sens, ce besoin, cette addiction, oui, c’est une drogue. Bon, circonstance atténuante pour l’avide Bryan, nous sommes au milieu des années 70, au pic des annés glam. Où sexe, drogues et toute autre addiction sont les bienvenus, alors normal, on confond un peu tout!

Love Is The Drug sera le premier grand succès commercial du groupe. On le retrouve sur l’album "Siren", avec sur la pochette, dans le rôle de la sirène, Jerry Hall, encore un peu la fiancée de Bryan Ferry avant que Mick Jagger n’en fasse sa chose.

Retrouvez la séquence Your Song du lundi au vendredi à 13h00 sur Classic 21. 

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