Roscoe en état de grâce aux Nuits

Le groupe liégeois présentait son nouvel album ce lundi au Botanique. Un concert de haute voltige. Pour Alice On The Roof, par contre, il y a encore du travail.

1360229

Après une "répétition publique" ce dimanche dans un club de Marcinelle, Roscoe offrait vingt-quatre heures plus tard l'exclusivité de son nouvel album "Mont Royal" aux Nuits Botanique dans une Rotonde fort logiquement sold-out.  Sans son claviériste attitré actuellement en tournée au Japon avec MLCD (à qui Roscoe dédiera un morceau en fin de set),  la formation liégeoise  a réussi à faire de cette "release party" un événement doublé d'un grand moment d'émotion.   A la mélancolie atmosphérique de ses débuts, Roscoe ajoute aujourd'hui un son en 3D, une maîtrise parfaite dans le jeu des musiciens et, enfin, une présence scénique.   Si le chanteur Pierre Dumoulin ne fend pas encore la foule en délire pour se faire caresser le torse comme Nick Cave, il impose une sorte de charisme sobre qui colle parfaitement à la musique du quintet ainsi qu'à son lyrisme. Plus soudés, plus décontractés et surtout mis en confiance par l'accueil critique et public réservé à "Mont Royal", les cinq musiciens enchaînent les morceaux sans temps morts et bla-bla inutiles.  Déjà ressentis sur le disque, l'apport de l'électro et les changements de rythmes  apportés dans les compositions insufflent une énergie bienfaitrice sur scène.  Et, comme nous l'avons déjà souligné, les nouveaux morceaux font clairement la différence.  C'est bien simple, Fresh start, Shaped Shades, le très Coldplay Hands Off,  Nights ou l'épique Rules   (notre titre préféré qui est désormais à Roscoe ce que Switzerland est à Girls In Hawaii) relèguent presque les effluves de leur premier CD "Cracks" aux oubliettes. L'été des festivals s'annonce radieux pour Roscoe et les frontières leur sont désormais grandes ouvertes.  Le travail et l'abnégation ont payé.  Roscoe joue aux Ardentes le 11/7 et au Dour Festival le 17/7.

Du travail, Alice On The Roof en déjà abattu beaucoup, mais il en reste encore sur la planche. Objet d'un petit phénomène, la jeune artiste Montoise se présentait avec ses deux musiciens (batterie, claviers) dans le Chapiteau.  Bien entourée ([PIAS] comme label, l'Anglais Tim Bran (London Grammar La Roux) à la production,  le sonorisateur de Puggy derrière la console et  Marc Pinilla de Suarez comme compositeur), Alice Dutoit  pose dans un anglais impeccable son univers post-adolescent sur des chansons électro-pop à forte valeur mélodique ajoutée.   Pas encore très à l'aise sur scène (surtout dans ses interventions parlées), elle séduit surtout dans ses envolées les plus mélancoliques où elle évoque la Lykke Li des débuts.  De manière peu compréhensible, Alice évacue son tube radio Easy Come Easy Go en tout début de concert (en troisième position) et enchaîne trop vite par une reprise plan-plan de Like a virgin de Madonna. Après un quart d'heure, l'attention du public commence à se dissiper et, malgré son sourire et, on le répète, de belles mélodies,  elle ne parvient  plus à le faire revenir dans  son univers. Le concert prévu pour durer quarante minutes s'arrête après une demi-heure avec un goût de trop peu. Son album est prévu  pour la fin de l'année et, d'ici là, elle aura  l'occasion de s'aguerrir au live puisqu'on pourra la voir aux Ardentes (12/7),  aux Francos (18/7), à Ronquières (1/7) ainsi qu'à l'Ancienne Belgique (20/11).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité