Rone – Creatures

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Le Français réinvente l’électro par surprise avec un album infusé de jazz, de chanson et de pop. Ultra top.

Erwan Castex promène toujours sa silhouette à l’ombre de Rone. L’artiste aux lunettes les plus chouettes du circuit électro a cependant changé d’air. Il a quitté Berlin pour revenir chez lui, en France. Conçu à l’écart du bitume, "Creatures" a vu le jour dans une petite maison de campagne: l’endroit rêvé pour prendre le contre-pied du remue-ménage organisé sur le précédent "Tohu Bohu". Ici, Rone s’échappe à travers champs et roule des mécaniques dans les bas-côtés, à bonne distance des grosses autoroutes électroniques. "Je ne me suis pas lancé avec l'idée de faire quelque chose d'opaque. Mais je voulais brouiller les pistes. Se sentir libre de ses mouvements, c'est essentiel pour décloisonner un style musical.

Magnifique distillateur d’atmosphères, le nouvel album branche ses machines sur la chanson française et laisse rebondir des beats moelleux sur quelques lignes de guitares électriques. Le Parisien profite surtout de l’occasion pour ouvrir la porte de sa bicoque à de nouveaux copains. "Au bout d'un moment, être un loup solitaire, ça devient usant. Avec cet album, j'ai ressenti le besoin de voir du monde et d'échanger des idées." Pour le coup, c’est totalement réussi. "Creatures" est un véritable club de rencontres où l’on croise la trompette du jazzman japonais Toshinori Kondo, mais aussi la guitare de Bryce Dessner de The National. A côté des beaux mots français de François Marry, le leader de François & The Atlas Mountains, on aperçoit enfin le costume d’un héros, celui d’Etienne Daho. "A l’origine, c’est Etienne qui a sollicité mes services pour remixer une de ses chansons. Évidemment, j'ai craqué. Impossible de refuser. Du coup, il m'appelait souvent pour savoir si j'avançais bien. Un jour, je lui ai bêtement posé la question: "Ça vous dirait de chanter sur mon prochain album?"Il a directement accepté." Travail d’équipe orchestré par un seul homme, "Creatures" affirme le savoir-faire de Rone. "Je pensais que ce serait une œuvre moins nombriliste. Mais ça a foiré. "Creatures" est certainement mon disque le plus intime. C’est comme si tous les collaborateurs m’avaient aidé à affirmer mon identité." Plurielle et toujours plus belle.

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