Rolling Stones: It’s only rock and roll

Concerts secrets, archives inédites, tubes en pagaille et polémiques... Cinquante ans après sa naissance, le groupe anglais reste essentiel.

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En matière de marketing, les Stones ont déjà gagné sur toute la ligne. Leur cinquantième anniversaire est devenu l’événement culturel le plus commenté et le groupe a montré en quelques salves médiatiques qu’il maîtrisait l’art de la communication mieux qu’un bataillon de conseillers d’Apple ou que la reine du tweet Lady Gaga. Entre teasers qui donnent le tournis, compte à rebours pour une prévente record et fausses "fuites" orchestrées par leur leader en chef, les Stones en font presque oublier le plus important. A jamais éternelle, leur musique reste en 2012 d’une férocité incroyable et d’une magie primitive. Fan ou pas fan, personne ne pourra démentir le fait qu’il y a plus de rage rock and roll dans leur nouveau single Doom And Gloom que dans tout le top 10 actuel de l’Ultratop. Un petit récap’ des festivités s’imposait.

La compilation

Pour le quarantième anniversaire, on avait eu droit à "Forty Licks", best of écoulé à plus de 8 millions d’exemplaires. Pour les 50 ans, c’est donc "Grrr!", compilation de 48 chansons agrémentées de deux nouveaux titres (Gloom And Doom, One Last Shot). Proposé en double et triple CD ou en quintuple vinyle, "Grrr!" remonte le temps jusqu’à Come On, reprise jouissive de Chuck Berry que le groupe avait mis en face A de son tout premier 45 tours paru le 7 juin 1963.

La tournée

Sept minutes. C’est le temps qu’il aura fallu aux fans – fortunés – des Stones pour acquérir les 32.000 tickets (2 x 16.000 places) des deux concerts londoniens des Stones programmés les 25 et 29 novembre prochains à l’O2 Arena de Londres. Plus d’un million de personnes ont essayé d’accéder quasi en même temps au précieux sésame avant que le site officiel n’affiche sold-out. La prévente pour les prestations new-yorkaises (les 13 et 15 décembre) a suscité le même engouement. Le groupe s’est bien sûr fait brocarder pour les tarifs jugés excessifs: de 130 à 500 euros sur le marché officiel, déjà dix fois plus sur le marché noir. Les quatre shows devraient rapporter près de 20 millions d’euros au groupe, ce qui revient à un salaire de 1,25 million d’euros par Rolling Stone et par soir. Le 12 juillet 1962, pour son premier concert au Marquee de Londres, le groupe avait reçu un chèque de 5 livres sterling…

Les surprises

Pour les suiveurs des Stones, les concerts "secrets" donnés par le groupe sont une vieille habitude. Après les répétitions, entre deux dates dans un stade ou lorsqu’ils débarquent dans certaines villes qui leur sont chères (Toronto, Boston, Amsterdam…), les Stones réservent un club sous un faux nom, mettent les tickets en vente le jour même et balancent la purée pour quelques dizaines de fans vernis. Ce fut le cas les 25 et 29 octobre derniers à Paris.

En répétition dans un studio situé sur la Plaine  Saint-Denis, le groupe a voulu se chauffer devant un vrai public au Trabendo (700 places vendues le jour même à 15 €) avant de se produire devant un parterre de banquiers et d’investisseurs quatre jours plus tard au théâtre Mogador. Les Stones y sont apparus en forme olympique avec une setlist implacable mais sans surprise. A l’exception de leur dernier single Doom And Gloom et d’une reprise de Muddy Waters (Champagne & Reefer),les morceaux joués faisaient déjà tous partie de la setlist de leur dernière tournée mondiale A Bigger Bang Tour (2005-2007). Les Stones devraient encore donner quelques "secret gigs" à Londres et New York. De même, on imagine mal qu’il n’y ait pas d’autres dates officielles en 2013.

Le DVD

Attention bijou! En 1965, une équipe suit les Stones en tournée en Irlande. Satisfaction vient d’être numéro un et c’est la folie. Les Stones sont jeunes, ils sont beaux et insouciants. On les voit voyager en train, faire les cons dans le wagon-restaurant, être poursuivis par des adolescentes nattées dans les rues de Dublin, massacrer les Beatles lors d’une soirée arrosée et jouer un rock and roll authentique lors de leurs prestations enflammées. Dans son écriture cinématographique, ce documentaire est très proche de Don’t Look Back,réalisé sur la tournée anglaise de Bob Dylan en 1965. Ah oui, cette petite merveille en noir et blanc s’intitule Charlie Is My Darling.

Le film

Réalisé par l’Australien Brett Morgen, le long métrage Crossfire Hurricane retrace la carrière des Stones en s’appuyant sur de nombreuses séquences appartenant aux archives personnelles du groupe. Il sort dans les salles en Angleterre et aux Etats-Unis. Le DVD arrive chez nous début 2013.

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