Rencontre avec Machiavel et écoute intégrale de Colours

Dans la foulée d'un nouvel album plein de couleurs, les pionniers du rock belge retrouvent leurs fans et le théâtre de leurs premiers exploits. Respect.

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Un peu d'histoire pour commencer. En 1978, le roi Baudouin est sur le trône, Paul Vanden Boeynants est Premier ministre, Anderlecht remporte la Coupe des Vainqueurs de Coupe contre l'Austria Vienne, Jacques Brel s'éteint et Machiavel enflamme le rock belge avec son troisième album "Mechanical Moonbeams" boosté par le slow de la mort qui tue Rope Dancer. Le groupe écoule plus de 60.000 exemplaires de son disque et s'offre un Cirque Royal complet pour un concert euphorique qui ne s'achèvera qu'au bout de sept rappels. Un record. Une époque. Une autre époque…

Trente-cinq ans plus tard, Machiavel décide de réinvestir les lieux. C'est pour ce 21 décembre et pour bien marquer le coup, l'Orchestre royal de chambre de Wallonie sera de la partie. Nostalgie? Oui, mais pas seulement. Si les inusables Rope Dancer et Fly seront au programme, Mario Guccio, Marc Ysaye, Roland De Greef, Hervé Borbé et le djeunde la bande Christophe Pons s'attacheront essentiellement à dévoiler leur nouvel album "Colours". Entre nappes langoureuses de claviers, arpèges acoustiques et guitares électriques, Machiavel montre sur ce douzième enregistrement sa passion inébranlable pour une certaine forme élaborée de rock seventies. Mais le groupe ajoute à sa palette des tonalités jusque-là inédites. On pense à la ballade pop/folk moderne Going Down, au heavy Every Single Day,à l'ambitieuxThe Great White Dome, mais aussi à cette section de douze violonsqui tapisse quatre chansons.

C'est pour évoquer cette actualité emballante et revenir sur leurs grandes joutes passées que Moustique a proposé à des fans (merci Joanne, Valérie, Rudy, Alan et Thierry) de rencontrer le groupe dans l'accueillante Maison des Musiques, située à quelques pavés du Sablon.

Retour sur leur carrière, le présent et le futur en 3 questions.

Quel est le secret de votre longévité?

Marc Ysaye – L'amitié. On se connaît depuis longtemps et nous avons appris à nous supporter les uns les autres malgré des points de vue qui peuvent parfois diverger. En quarante ans, nous avons eu à plusieurs reprises de très bonnes raisons d'arrêter Machiavel mais on ne l'a jamais fait. Même quand le groupe s'est mis entre parenthèses pendant près de dix ans (de 1987 à 1996), nous avons continué à nous voir.

M.G. – Nous avons une grande estime les uns pour les autres. Comme le souligne Marc, il y a parfois des différences de points de vue, mais on se respecte. Et en ce qui me concerne, c'est même plus que du respect que j'éprouve pour les autres membres du groupe: c'est de l'admiration.

Roland De Greef – L'autre moteur, c'est le public. Si plus personne n'achète nos albums et ne vient à nos concerts, là, c'est sûr, on mettra la clef sous le paillasson.

De quels nouveaux groupes vous sentez-vous le plus proches?

M.Y. – Musicalement et humainement, on aime beaucoup Puggy. Pour certains aspects, on se revoit un peu en eux. On aime aussi Ozark Henry, Triggerfinger et The Aim. Il y a beaucoup de talents chez nous et la Belgique n'est pas toujours assez fière de ses artistes.

Dites-nous trois choses qu'on ignore sur Machiavel…

M.Y. – Vingt-quatre heures après avoir rempli Forest National en 1979 avec Machiavel, je reprenais mon job de chauffeur de taxi de nuit. J'ai pris un client qui avait assisté au concert et il n'en croyait pas ses yeux.

M.G. – La veille de ce concert à Forest National, on collait encore des affiches dans les rues de Bruxelles. C'est peut-être pour ça qu'on a réussi à remplir la salle!

R.D.G. – Rope Dancer et Fly, nos deux plus gros succès, sont des accidents heureux. Initialement, nous avions décidé d'écarter Rope Dancer de l'album "Mechanical Moonbeams" parce qu'il y avait trop de morceaux. C'est notre label qui a exigé qu'on le garde et l'a sorti en 45 tours. Quant à Fly, il a été écrit en dix minutes dans la chambre de ma sœur. Thierry Plas a joué un riff de guitare qui nous plaisait, Mario a trouvé la mélodie pendant que Marc écrivait les paroles. Dix minutes, pas plus…

Retrouvez la suite de la rencontre dans Moustique.

Le 21/12 au Cirque Royal.

Merci à la Maison des Musiques pour son accueil.

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