Rencontre avec Eddy Merckx

A bientôt 69 ans, le plus grand cycliste de tous les temps revient sur sa carrière. Il parle de tout: joies, peines, amitiés, pépins de santé, débuts, enfance dans l'après-guerre, affaires, agacement des flamingants... De tout... sauf de Lance Armstrong.

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Dans le divan de la ferme de Merckx, à Sint-Brixius-Rode près de Meise, à quelques kilomètres au nord de Bruxelles, deux de ses petits-fils s'amusent à se chamailler. Luca, 20 ans, est l’aîné des deux. Il impressionne par sa stature imposante, mais surtout par sa ressemblance avec son grand-père. L’image d’un Merckx tout jeunot passe comme un éclair devant nos yeux. Le Cannibale, 69 ans en juin, arrive en boitillant sur des béquilles et soupire quand sa femme, Claudine, l’aide à descendre quelques marches. Début janvier, il est tombé lors d’une course cycliste. Son genou et son épaule ont été sévèrement touchés.

Eddy Merckx – D’abord, il fallait que mon épaule guérisse. Les ligaments étaient déchirés et l’articulation était fêlée. J’ai été opéré du genou: le cartilage était touché, et ils ont foré six trous afin de stimuler la circulation du sang. Résultat: quatre semaines sur des béquilles. Mais c’est surtout l’attelle qui fait mal (il remonte une jambe de son pantalon et grimace). Je ne peux plus aller nulle part, nom d’un chien. Hier, j’ai fait deux fois du vélo d’appartement. Oui, ça, c’est permis. Heureusement que la télé diffuse de nombreuses courses.

Le vélo vous manque tant que cela? Comment cette passion est-elle née?

E.M. – Par la radio. Enfant, j’écoutais les commentaires du Tour de France et j’étais passionné par les faits héroïques de Stan Ockers.

C’est comme cela qu’est né votre amour des grands tours?

E.M.– Non. Car, chez les juniors, je ne roulais pas en course. Un ex-cycliste, Félicien Vervaecke, m’avait conseillé de ne pas trop courir. En tant que coureur professionnel, j’en verrais bien d’autres, et de toutes les couleurs, me disait-il. Je ne m’étais même pas entraîné pour ma première course, que j’ai disputée dans le dos de ma mère. On était en juillet 1961, à Laeken, et j’ai constamment été lâché. A la fin, j’étais quand même dans le peloton et puis tout le monde est tombé. Je me suis faufilé et suis arrivé sixième. Qu’est-ce que j’étais fier!

L'interview complète dans le Moustique du 21 mai 2014

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