R.E.M. se sépare après plus de 30 ans de carrière

Le groupe R.E.M. a annoncé sur son site internet qu'il se sépare après plus de 30 ans de carrière. Lisez l'interview de Michael Stipe parue en 2008 dans Moustique.

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Et ce jeudi 22 septembre, notre journaliste musical était interrogé au JT de 13h de RTL.

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Comment avez-vous fait pour recoller les morceaux entre vous?

MICHAEL STIPE. – Le fait de jouer en concert les titres de "Reveal" et d'"Around The Sun" nous a renforcés dans l'idée qu'il s'agissait de bonnes chansons, mais qu'elles avaient perdu leur saveur en studio. Il ne s'agissait pas d'un problème créatif mais d'une méthode de travail qui n'était sans doute pas la bonne. Ça nous a poussés à abandonner tout ce qui nous semblait être devenu une habitude de travail.

"Accelerate" semble un titre particulièrement approprié pour un album qui ne dure que trente-quatre minutes.

M.S. – Plus j'écoute de la musique, plus j'ai l'impression d'entendre la même chose. Avec cet album, nous avons cherché une idée par chanson. Une fois que nous l'avions trouvée, nous passions à la chanson suivante. Si le refrain ou les couplets étaient trop longs, on essayait de trouver une solution pour simplifier le propos. On ne s'est pas fixé un nombre maximum de chansons ou de mots, mais nous avons travaillé en respectant scrupuleusement une règle: aller à l'essentiel.

Sur votre site Internet, vous affirmez avoir redécouvert l'art d'écrire sans faire de rimes.

M.S. – C'est facile de chercher des rimes et ça peut même parfois être un exercice très amusant, mais je peux aussi très bien faire sans. Le but n'est pas de me la jouer auteur littéraire ou de me montrer plus cérébral dans mes textes, car j'ai toujours détesté ce genre d'écriture. Mais là aussi, l'écriture en rimes était devenue un paramètre incontournable. L'été dernier, nous avons donné des concerts à Dublin au cours desquels nous présentions de nouvelles compositions et aussi des morceaux extraits des premiers albums de R.E.M. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas la moindre rime dans ces chansons et qu'elles fonctionnaient parfaitement. Ce fut comme une illumination.

Votre nouvel album débute par la chanson "Living well is the best revenge" ("Avoir une belle existence est la meilleure revanche"). Ça sonne un peu comme une déclaration de foi.

M.S. – C'est une très bonne chanson uptempo. Elle introduit parfaitement l'album. Elle est proche de l'attitude que R.E.M. a toujours suivie. Regarder le monde qui nous entoure, avec parfois de la colère et de la tristesse, mais aussi se rendre compte que nous sommes heureux dans notre propre vie et que nous pouvons la mener comme nous le souhaitons. C'est un thème très présent dans les chansons de R.E.M. et sur lequel j'espère pouvoir communiquer non seulement comme auteur, mais aussi comme figure publique. Je ne peux pas me détacher de cet espoir même si, en même temps, et comme tout le monde je suppose, je dois faire face à des tas d'événements, culturels ou politiques, qui peuvent me faire baisser les bras ou m'accabler.

I'm gonna DJ, la dernière chanson d'"Accelerate", fi gurait déjà sur votre album live paru l'année dernière.

M.S. – C'est vrai, cela fait longtemps que nous la jouons sur scène, mais nous n'avions jamais réussi à en faire une bonne version en studio. Nous avons placé I'm gonna DJ à la fin du disque, car elle se conclut par le mot "Yeah". C'est une fin très positive.

Quel a été le rôle du producteur Jacknife Lee (U2, Snow Patrol, The Hives, Bloc Party, Editors…) dans cet album?

M.S. – Il a eu un impact très important. Jacknife Lee ne nous connaissait pas. Il ignorait quels étaient nos défauts ou nos qualités et ne savait rien de l'état de nos relations. C'est ce dont nous avions besoin. On ne pouvait pas le prendre à témoin sur un point qui nous heurtait lors de l'enregistrement d'"Around The Sun" puisqu'il n'était pas là.

Les trois membres de R.E.M. ont tous des centres d'intérêt différents. Est-ce la raison pour laquelle R.E.M. existe toujours?

M.S. – Absolument! Nous nous sommes toujours encouragés mutuellement à entreprendre des activités artistiques et avoir des engagements professionnels en dehors du groupe. Cela a un effet boomerang sur notre musique et ça nous permet aussi de voir comment chacun d'entre nous développe des idées sans les deux autres. R.E.M., c'est trois personnes différentes, qui vivent dans des villes différentes et ont des passions différentes. Si on est encore là aujourd'hui, c'est parce qu'on se sert de nos différences.

Pensez-vous que R.E.M. soit le même groupe qu'il y a dix ou vingt ans?

M.S. – J'espère sincèrement que non. Si vous étiez la même personne à cinquante ans qu'à vingt-cinq, il y aurait de quoi se poser des questions. Et pourtant, vous pouvez me croire, j'en vois beaucoup dans le monde de la musique rock. Ceci dit, j'ai d'autres préoccupations qu'à l'époque où nous avons formé le groupe, mais les ambitions sont toujours là. J'ai toujours envie de faire de grands albums, j'ai envie que ces albums signifient quelque chose pour ceux qui les achètent comme ils signifient quelque chose pour moi et, plus que tout, j'ai toujours envie d'être dans un grand groupe. Je ne sais pas si nous allons gagner de nouveaux fans avec cet album, mais je pense que les fans de R.E.M., ceux qui ont été avec nous, même épisodiquement, peuvent être excités.

Est-ce que vous voyez R.E.M. faire encore de la musique dans dix ou vingt ans?

M.S. – Je ne peux pas me l'imaginer. Ce n'est pas que je n'en aie pas envie, mais je n'ai pas cette capacité à me projeter si loin dans le futur.

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