Qui a encore peur de la police?


Commissariats attaqués, policiers frappés et insultés: dans certains quartiers, l'uniforme ne protège plus celui qui le porte. Il le désigne même comme cible.

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"Au départ, cela venait d'une partie ciblée de la population. Mais aujourd'hui, tout le monde s'y met."

"Avec les flics qui frappent, c'est œil pour œil, dent pour dent."

Comme l'a douloureusement rappelé le procès des meurtriers présumés de Kitty Van Nieuwenhuysen, s'engager dans la police, c'est risquer un jour de s'exposer aux tirs du grand banditisme ou de la criminalité organisée. Tout comme le maintien de l'ordre durant les manifestations ou aux abords des stades de football peuvent déboucher à l'occasion sur des confrontations. Ce sont des risques du métier dont tout agent est conscient.

Mais les nouvelles recrues se doutent-elles de ce qui les attend lors d'interventions censées être plus banales, comme des contrôles de routine ou des interpellations aux apparences faciles? Parce que dans ces cas-là, également, le policier risque désormais son intégrité physique: l'uniforme n'est plus un bouclier contre les bousculades, coups de pied ou de poing, voire de couteau. Sans compter qu'embarquer un contrevenant ne clôt pas une affaire. Après, il faut encore surveiller ses arrières.

Les événements qui ont secoué Gilly et Lodelinsart, la semaine dernière, illustrent bien un phénomène qui monte en puissance depuis quelques années. Suite au décès, à cause d'un arrêt cardiaque, d'un toxicomane de 27 ans, Sandro Bonafede, des jeunes de ces communes du grand Charleroi, apparemment aidés par d'autres casseurs venant de Bruxelles, ont vandalisé des postes de police, tentant même d'incendier l'un d'eux. Ils ont crié à la bavure après une interpellation décrite comme musclée. Sous l'effet de la cocaïne, l'homme se promenait torse nu en rue armé d'un couteau avec lequel il a blessé à la main un policier avant d'essayer de voler un combi. Difficile de raisonner un tel forcené uniquement par le verbe, il a donc bien fallu le maîtriser. Les policiers y sont-ils allé trop fort? Une enquête le déterminera.

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