Queen: Les trésors de la Couronne

Vingt ans après la disparition de Freddie Mercury, retour sur le groupe au règne fou dont Moustique a été le témoin privilégié.

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Rééditions, hommages télé, journée de la moustache Freddie Mercury,biographies, concerts… La marque "Queen" est plus que jamais omniprésente, alors qu'on commémore ce 24 novembre le vingtième anniversaire de la disparition de son chanteur. Entre Queen et Moustique, on peut parler d'une histoire d'amour. Une vraie histoire d'amour. Avec ses passions, ses disputes et ses réconciliations. Replonger dans nos archives, sans rien (re)toucher de notre point de vue, était sans doute le plus bel hommage que nous puissions rendre au groupe aujourd'hui. C'est ce que nous vous proposons.

Les débuts

Formé en 1971, Queen sort son premier album, sans titre, en juillet 1973. Hormis le single Keep Yourself Alive, Télé Moustique n'aime pas. La formation anglaise est assimilée à la scène glam-rock pour son look, à Uriah Heep pour les vocalises de son chanteur et à Yes, "à cause des sons harmonieux et mélodieux". Bon, on ne peut pas toujours avoir raison. En novembre 1974, le disque "Sheer Hearts Attacks" est accueilli avec beaucoup plus d'enthousiasme par la rédaction. Dans le Pop Poll, traditionnel bilan musical de fin d'année lancé par notre magazine, les lecteurs désignent Queen "meilleur espoir pour 1975". "Le groupe a fait preuve de patience et a frappé au bon moment avec son troisième album",écrit Piero Kenroll, fondateur de la rubrique rock de Télé Moustique. "Il fait preuve d'intelligence et d'une bonne connaissance du monde du rock. Ce n'est pas tous les jours qu'on trouve une formation dont la majorité des membres ont des diplômes universitaires en poche. Mais, fort heureusement, leur culture ne débouche pas sur un intellectualisme stérile." Jusqu'à "Jazz", paru en 1978, les reviews des albums de Queen seront globalement positives.

Keep Yourself Alive

Les concerts

Durant la seconde moitié des années 70, Queen enflamme régulièrement les travées de Forest National. Télé Moustique est à chaque fois emballé par leurs prestations. Illustrés par les magnifiques clichés de Paul Coerten, les comptes rendus de leurs concerts soulignent ainsi les performances vocales de Freddie, le boulot de Roger Taylor ("un batteur au jeu honnête mais dont le talent vocal exceptionnel n'est pas assez exploité"),la sobriété du bassiste John Deacon et "les sonorités toutes personnelles" déployées par le guitariste Brian May. Déjà très fashion, nos critiques rock ajoutent leurs petits commentaires personnels sur la garde-robe de Freddie. "Il portait un pantalon tellement collant que les filles des premiers rangs tournaient de l'œil. C'est que Freddie n'a pas seulement les dents qui sont longues", lit-on après l'étape belge de la tournée A Night At The Opera. Moins convaincu par la tournée Radio Ga Ga en 1984, Pascal Stevens évoque "les pas de canard à la Aldo Maccione" de Freddie Mercury et "ses gestes artistocratiques qui frisent le ridicule".

Les interviews

Votre magazine décroche régulièrement des interviews exclusives avec le groupe, mais n'a pas toujours la baraka. En 1975, Freddie Mercury reçoit ainsi Piero Kenroll en audience, mais doit se taire sur ordre de son médecin et laisser au batteur Roger Taylor le soin de répondre aux questions. En décembre 1979, alors que Queen est désigné groupe de l'année par les lecteurs de Télé Moustique, il refuse de nous rencontrer. "Le groupe aurait-il attrapé la grosse tête?", s'interroge Piero Kenroll. Non. En 1982, Roger Taylor se fait interviewer par notre journaliste Alain Page qui ne peut s'empêcher de l'interroger sur le phénomène Clash qui secoue alors la planète rock. "The Clash est un groupe merdique et naïf,répond Taylor. Ils ne savent rien des Sandinistes (allusion au triple album de The Clash "Sandinista"). The Clash ne fait pas de la politique. Il suit la mode. C'est une attitude stupide. La plus grosse partie de ce qu'ils font est très mauvais." Et paf!

Le Live Aid

Secoué par des problèmes d'ego et les dérives épicuriennes de son chanteur, Queen est au bord de l'implosion. Il est sauvé par le gong le 13 juillet 1985 grâce à une prestation inoubliable au Live Aid. "Queen a tout emporté sur son passage. Ni Bowie, ni U2, ni McCartney n'ont pu rivaliser ce jour-là avec la magie de Queen. En descendant de la scène de Wembley, Mercury, May, Deacon et Taylor ont dû se dire que ce serait stupide d'arrêter une machine si bien rodée en la sacrifiant sur l'autel de leurs orgueils respectifs",écrit alors dans nos colonnes Rudy Léonet, futur directeur de Pure FM. Moins de six mois plus tard, Freddie Mercury informe les autres membres qu'il est séropositif. Dès lors, la carrière du groupe ne sera plus qu'une course contre la montre.

La fin

Freddie Mercury disparaît le 24 novembre 1991 à l'âge de 45 ans. Sous le titre Deuil à la cour, Erik Machielsen lui rend un brillant hommage dans notre édition du 5 décembre 1991, tout en craignant déjà l'exploitation commerciale de la marque Queen. Malgré cet a priori négatif, l'album posthume de Queen "Made In Heaven" qui ressuscite la voix de Freddie Mercury est consacré "disque de la semaine" lors de sa sortie en novembre 1995. ""Made In Heaven" raconte avant tout une histoire d'hommes, de vies, de destins et d'artistes. C'est le plus beau cadeau d'adieu dont Freddie pouvait rêver",estime Rudy Léonet.

Le retour

Entre une comédie musicale, un coffret et un DVD, Roger Taylor et Brian May trouvent encore la mauvaise idée de relancer Queen avec le chanteur Paul Rodgers. Une tournée sold-out passe par le Sportpaleis en septembre 2008 et un album, "The Cosmos Rocks", est même enregistré. "Un disque peu inspiré où il est difficile de sauver quelque chose dans cet amas de clichés du rock seventies",constate de manière très dure notre chroniqueur Bernard Dobbeleer.

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