[QUE DU BEAU MONDE!] Une si gentille fille

Il y a bien quelques faits secondaires dans l’actu, mais le méga-truc, c’est quand même Diana. Le film et tout le tagada-tsouin-tsouin autour: Diana princesse de cœur, Diana princesse du peuple, Diana princesse éternelle (ou rebelle, ou les deux, je sais plus), Diana icône mondiale… Paraît-il que Diana était même "l’héroïne de beaucoup de gens".

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 Tout ça? Oui. Mais pourquoi? Ah mais, pour plein de raisons! D’abord, figurez-vous que Diana, elle est née. Et ça, c’est déjà bien, quand on pense aux millions de spermatozoïdes qui auraient pu lui piquer la place. De surcroît, elle est née Spencer, une famille à pedigree. Donc un grand bravo. Ensuite elle a grandi: je deviens admiratif. Elle a même fait des études. Oh, pas beaucoup, mais quand même. Respect. A 19 ans, elle était nounou dans un jardin d’enfants. De son côté, le prince Charles, 32 ans, butinait ci et là, mais traînaillait en épousailles. Maman s’impatientait: va falloir y aller, mon garçon Charlie avait déjà entrepris Sarah, la grande sœur de Diana. Ce sera finalement la petite sœur. Et c’est là que débute la toute grosse épate: pas contraire, Diana épouse l’Héritier en 1981, apportant "toute la fraîcheur candide" de ses 20 ans à la Cour britannique. Wouw! Mieux: la déjà admirablissime Lady Di donne naissance à deux enfants. William en 82. Harry en 84. Et elle s’en occupe, de ses gamins! Noooon?! Siiii! De l’aveu même de tout plein de gens qui n’ont jamais rencontré ni Diana ni ses gamins, c’était "une excellente mère". On s’approche du sublime.

Mais où ça devient trop-trop, c’est que très vite, on voit que Diana est un peu une victime de sa life. Et ça, on aime bien. D’abord, les obligations de la Cour, c’est pénible. Diana se force. Donc elle souffre grave. Donc chapeau bas. En plus, belle-maman, elle est très ronchon. Et surtout, avec Charles, ça part en chtouille. Il en aime une autre depuis toujours: Camilla. Hououou, Charlie! Le regard ingénu de Diana se fait triste. Et ça aussi, on aime encore bien.

Après, elle commence à avoir des amoureux. Bien fait! D’abord des gardes du corps et des profs d’équitation, puis des millionnaires, puis des milliardaires. Finalement, avec Charlie, ils divorcent en 1992. Lady Di reçoit une pitance de 17 millions d’euros d’indemnité, plus une pension de survie genre dotation de Fabiola. Et elle le mérite! Parce que, parfois, entre un défilé chez un couturier parisien, une soirée de gala dans un palace avec Elton John et une semaine de récupération sur le yacht d’un pote milliardaire, Diana visite des pauvres devant genre 250 photographes et caméramans qui passaient par là (d’où rebelle, d’où "princesse du peuple"). Elle est même dans l’humanitaire à très haut risque: elle serre la main d’un malade du sida et traverse un champ de mines antipersonnel (préalablement déminé). Wouw! Et tout ça, elle le fait avec "une grande simplicité" et "beaucoup de compassion". Alors que, franchement, elle aurait pu se la jouer pedzouille et hautaine. Ah ben non, Diana était une gentille fille. Et si bien habillée, avec ça! D’ailleurs, même si elle n’était pas décédée dramatiquement avec son amoureux milliardaire contre un pilier du tunnel de l’Alma, chiche qu’elle serait quand même devenue l’éternelle princesse du peuple icône de cœur héroïne et tout ça?

vincent.peiffer@moustique.be

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