Quartet

Dustin Hoffman nous parle des vieux. Sans pendule au salon qui dit oui, qui dit non. Mais avec tendresse et joie. Pari réussi.

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Pour son premier passage derrière la caméra, l’acteur doublement oscarisé de Kramer contre Kramer et Rain Man réussit son pari. Faire rire et émouvoir avec ce qui nous fait peur à tous: vieillir.

A travers l’histoire haute en couleur d’une maison de retraite pour chanteurs d’opéra (inspirée de la Casa Verdi léguée par le compositeur italien à ses musiciens), Dustin Hoffman parvient à toucher juste sans jamais ennuyer.

Le titre du film, en écho à Rigoletto, donne le tempo. C’est ce Quartet, que quatre chanteurs autrefois célèbres vont essayer de reconstituer, pour un gala de fin d’année censé sauver de la ruine cette maison de retraite fichée au cœur de la campagne anglaise. Malgré les années, sauront-ils retrouver la passion qui les animait alors et oublier leurs rancunes personnelles?

Soutenu par un casting parfait, Hoffman emmène ses (vieux) acteurs (tous venus du théâtre anglais) dans la sphère jubilatoire d’une comédie très british. On adore Maggie Smith (auréolée du récent succès d’Indian Palace, où elle incarnait déjà une retraitée grognon) en diva orgueilleuse, incapable d’avouer son amour tenace pour le toujours élégant sir Tom Courtenay.

Face à eux, Pauline Collins et le très drôle Billy Connolly nous offrent eux aussi de beaux moments d’émotion que la musique d’opéra vient magnifier. Si ce Quartet très réussi privilégie une forme classique de narration, il n’en est pas moins inventif dans le propos suggéré.

A 75 ans, Dustin Hoffman nous montre – fort heureusement – que la vie amoureuse et la passion ne s’arrêtent pas avec le grand âge. Son film se savoure comme un vrai hymne à la vie, qui oserait peut-être nous dire ceci: et si vieillir rimait avec grandir? On dit oui! Et on applaudit.

Quartet
Réalisé par Dustin Hoffman. Avec Maggie Smith, Tom Courtenay, Billy Connolly et Pauline Collins – 98’.

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