Quand les marques se planquent derrière les sondages

Pour convaincre les plus récalcitrants, les marques de sodas ou de céréales sortent toutes la carte du sondage. Mieux vaut savoir…

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«Vous vous êtes levé du mauvais pied ce matin? Vous étiez de mauvais poil ces derniers jours? Alors vous pourriez être l’un des 1,5 million de Belges qui se battent au quotidien contre l’humeur grognon». Et l’enquête d’appuyer ses résultats en avançant que 30 % de nos compatriotes ne dorment pas assez, que 7 personnes sur 10 sont «plutôt du soir» et que 60 % des Belges souffrent d’inertie du sommeil (soit une mauvaise transition entre l’état léthargique et l’éveil). Mais d’où viennent ces conclusions? D’un hôpital universitaire? D’un organisme de Santé publique? Réalisé par le bureau d’étude iVox, ce simple sondage a été en réalité commandé par une célèbre marque de café, Douwe Egberts en l’occurrence. Laquelle nous invite ensuite, sous l’égide de deux experts «indépendants», à mieux dormir, mais aussi, bien sûr, à boire plus de kawa.

Cette marque n’est évidemment pas la seule à tenter de faire entendre ses quatre vérités par le biais de ces sondages. Voyez Quaker, célèbre producteur de céréales pour petit déjeuner, qui «révèle» ainsi que 86 % des enseignants jugent que la faim (principalement le petit déjeuner…) nuit à la capacité d'apprentissage des élèves tandis que son concurrent Kellog’s croit bon de nous apprendre que six femmes sur dix ont pris la bonne résolution de faire régime et de pratiquer du sport. Quant au site de libertinage Gleeden, il livre lui-aussi régulièrement ses chiffres sur l’infidélité. Histoire de culpabiliser les uns et des déculpabiliser les autres?

Car les pubards le savent mieux que personne: ces sondages -aux résultats très souvent controversés- permettent aux marques de mettre en avant certaines pensées des consommateurs afin de les convertir et de pousser les autres à changer de camp. Et si ceux-ci ne sont toujours pas convaincus, peut-être se diront-ils que le problème vient de chez eux! Attention, donc. Surtout quand on sait que ces firmes commandent de nombreuses études mais ne publient que celles dont les conclusions leur sont favorables.

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