Quand les flics pètent les plombs

Treize policiers poursuivis à Bruxelles pour des tortures diverses sur des exclus sociaux. Exceptionnel? Peut-être pas tant que ça. Car un monstre sommeille en chacun de nous.

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A qui s’adresse-t-on lorsqu’on a un problème avec la police? La question à trois sous a pris tous son sens avec le procès de treize ex-policiers du rail, poursuivis à Bruxelles pour des faits de violence indignes de notre époque: passage à tabac d’un homme "offert" à une fliquette en guise de cadeau d’anniversaire, cheveux coupés à une jeune fille de treize ans pour l’impressionner, coups de genou dans les parties intimes d’hommes après leur avoir demandé s’ils avaient déjà des enfants. On en passe…

Ces faits de torture – quel autre mot? – se sont déroulés durant quasi toute l’année 2006. Ils n’ont été révélés que trois ans plus tard et ont encore mis quatre années à être jugés. Et pour cause: les victimes étaient des SDF ou des sans-papiers cherchant un peu de chaleur dans la gare du Midi. Des personnes sans défense, donc. Sadisme? Pétage de plombs?

Les agents de la police du rail ont avoué. Pour leur défense, ils ont surtout évoqué la violence quotidienne ainsi que leur frustration face à une justice laxiste, ne tenant pas compte des efforts et des dangers qu’ils courent pour arrêter des malfrats.

Au-delà du procès, des questions subsistent. Elles font mal: comment diable peut-on en arriver là? Pourquoi, parmi ces policiers passionnés par leur travail, aucun n’a-t-il eu la conscience (l’humanité?) de stopper ses collègues? Est-ce une dérive propre aux forces de l’ordre? S’agissait-il de la réunion hasardeuse dans un même service de quelques pervers ou y a-t-il en chacun de nous un détraqué qui sommeille?

Merci la stress team

"Dans toute affaire, il faut tenir compte de la norme de groupe et de la pression des pairs", reconnaît d’emblée Benoît Dardenne, psychologue à l’ULg. Son confrère de l’UCL Bernard Rimé embraie: "Il y a de quoi être surpris, mais on oublie souvent que l’être humain est un animal social. La société actuelle met en avant l’individualisme, mais fondamentalement l’être humain est fait pour se fondre dans le groupe."

Lire la suite dans le Moustique du 18 décembre 2013

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