Pukkelpop – The Stone Roses, un parfum de Madchester

Après Grandaddy et avant The Afghan Wigs, The Stone Roses ont montré que, même si elles sont souvent guidées par des motivations financières, les reformations ont quelque chose de bon. 

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Pendant près de septante-cinq minutes, nos vaillants vétérans baggys ont fait régner un doux parfum de Madchester et leur maîtrise musicale a même effacé tout relent de nostalgie.

 

En deux albums, -"The Stone Roses" (1989) et "The Second Coming" (1994)-, le groupe s'est inscrit dans l'histoire de la musique. On ne compte plus les artistes, à commencer par Liam Gallagher, qui se sont inspirés d'eux pour leur son, leur attitude ou leur aptitude à plonger dans les excès en tout genre. Seize ans après sa dissolution, la formation mancunienne a donc décidé de repartir en tournée, une nouvelle qui a été accueillie outre-Manche comme l'événement de l'année avec les J.O. de Londres.

 

Selon la rumeur, le cachet des Stones Roses pour cette date exclusive en Belgique tournait autour du million d'euros. Le prix à payer pour voir une légende qui tient plutôt bien la route. Les Stone Roses, c'est d'abord quatre personnalités: Ian Brown dont la tronche typiquement british  est le trait d'union parfait entre celle de Paul Weller et de Liam Gallagher, John Squire, avec une gestuelle à la guitare n'est pas sans rappeler celle de Jeff Beck, le batteur Reni particulièrement en forme ce vendredi au Pukkelpop et le bassiste Mani qui frappe sur ses cordes comme un boucher ramollit ses escalopes.

 

Dans le style nonchalant qu'ils ont inventé, les quatre lascars ont balancé tous leurs hits en commençant par I Wanna Be Adored, l'hymne de toute une génération . Le groupe rallonge volontiers la sauce pour permettre à chaque musicien de montrer qu'il est meilleur que les autres. Et pendant que ses trois potes font joujou avec leur instrument, Ian Brown arpente la scène en secouant ses maracas. Le son  est impressionnant, les trois écrans géants nous donnent l'occasion de ne rien perdre de leurs mimiques de sales gamins et les morceaux n'ont rien perdu de leur efficacité.

 

On pense à cette version kilométrique et psychédélique de  Fools Gold, au jouissif She Bangs For The Drums ("une chanson for the ladies") à I'm The Ressurection ou encore à Love Spreads sur lequel Ian Brown se lance dans une improvisation rap.  Phénomène de société en Angleterre, les Stones Roses ne touchent plus chez nous que ceux qui les ont connus à la grande époque.

 

Comme pour Björk, on circulait très facilement devant le main stage, les plus jeunes des festivaliers profitant  d'autres joies sur d'autres scènes. C'est dommage, ils auraient pu nous aider à répondre à cette question qui nous a presque empêcher de dormir. Quand il remerciait le public avec son accent mancunien épouvantable, Ian Brown disait  "Phank You" ou "Fuck You"? Mystère, mystère…

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