Pukkelpop – Charles Bradley & His Extraordinaires, Mister Dynamite!

La vie de ce sexagénaire tient du conte de fée et les scènes auxquelles nous avons assisté pendant son show relèvent tout simplement du surréalisme. 

482295

 

Photo : THOMAS BLAIRON

 

Un quart d'heure après son concert, Charles Bradley, au bord des larmes (d'émotion), se promenait encore dans la foule pour se laisser enlacer par ses fans. Et tout au long de sa prestation, il n'a cessé de répéter "I Love You, I Love You. You took me out the streets" ("Je vous aime, je vous aime. Vous m'avez sorti de la rue!").

 

Né à Gainsville (Floride) en 1948, mais élevé à Brooklyn, Richard n'a connu que des malheurs dans son existence. Cuisinier qui a traîné sa bosse un peu partout, le gaillard a eu la révélation un jour d'hiver de 62 lorsqu'il a vu James Brown à l'Appolo. Mais voilà, il a dû attendre l'âge de 62 ans pour enregistrer son premier album, "No Time For Dreaming" paru en 2011 sur le label Daptone Records.

 

Depuis, les festivals s'arrachent les services de ce Godfather Of Soul et de son groupe His Extraordinaires dont la science du groove n'a rien à envier à celle des Meters. Comme le précise la notice, "le visage de Charles est le miroir de son âme et sa voix est marquée par le reflet de ses heurts et malheurs." Pendant une grosse heure, il nous a transportés dans la moiteur d'un club de Harlem, faisant danser sous nos yeux de jolies jeunes filles blondes et presque chialer leurs mecs à la coupe de cheveux joueur de foot allemand années 70 et bodybuildés comme des surfeurs de Blankenberghe.

 

Du rythme, du blues, -le vrai, celui qui vient de là, du rythme,  des cuivres, de l'orgue gospel, des poses (lancer de micro, genou à terre, tournoiement de veston) empruntées à son modèle James Brown et de l'émotion, beaucoup d'émotion, Charles Bradley n'en revenant toujours pas d'avoir enfin réalisé son rêve de soulman à l'âge ou d'autres tirent leur révérence. La claque, la classe…

Sur le même sujet
Plus d'actualité