Pukkelpop 2014: La pop expérimentale francophone à l’honneur

BRNS et Robbing Millions se succédaient ce samedi sur la scène du Pukkelpop. Notre bilan comparatif...

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Après MLCD, pas trop content de sa prestation vendredi, deux autres formations francophones se produisaient au Pukkelpop.  BRNS avait déjà signé une belle performance dans la plaine de Kiewit en 2013. Cette fois, l'enjeu est plus important puisque le groupe bruxellois présente en cette journée de clôture les nouvelles chansons de son premier album "Platine" à paraître ce 10 octobre. Malgré un horaire ingrat (midi trente), le Club est a moitié rempli pour accueillir la jeune formation qui jouit déjà -il est vrai- d'une belle cote dans le nord du pays. Le concert démarre sur les chapeaux de roue et quand BRNS lance en troisième cartouche l'imparable Mexico, on se dit que c'est gagné pour eux. Le public se laisse prendre par la main sous le coup de rythmiques ensorcelantes, d'orgue baroque et de gratte habile. Il n'en faudrait pas plus pour commettre le premier hold-up de la journée. Mais au lieu de poursuivre sur ce mode délire, le groupe se montre très appliqué sur les nouveaux morceaux. La qualité des compositions n'est pas à remettre en cause, mais bien leur sens inhabituel de la retenue. C'est dommage car selon nous, c'est justement ce mélange raffiné de folie et de maîtrise, cette facilité déconcertante à casser le rythme du concert et cette capacité à enchaîner moments de pure folie expérimentale et passages plus pop qui sont leurs plus belles armes de séduction.  Faute de temps (BRNS avait droit à quarante minutes), le groupe ne parvient plus à susciter des réactions aussi fortes qu'avec Mexico. Mais si c'est loin d'être le meilleur concert qu'on ait vu d'eux, nous sommes quand même chauds boulette pour leur show de présentation de "Platine" le 10 octobre à l'Ancienne Belgique.

Pour Robbing Millions, il s'agissait du baptême du feu au Pukkelpop. Les joyeux trublions ne sont pas impressionnés outre-mesure  lorsqu'ils montent sur la scène du Chapiteau Wablief!, lui aussi à moitié rempli.  Les cinq garçons balancent leur pop psychédélique et leurs refrains colorés avec beaucoup d'enthousiasme,  réveillent les fantômes de formations hippies des seventies tout en lorgnant sur la tendance MGMT/Tame Impala. Ça danse gentiment aux premiers rangs, le bassiste à sa chevelure folle nous fait toujours marrer avec ses contorsions zarbi et ça joue plutôt bien. Derrière leur jeu un poil trop maniéré, il manque encore du charisme et de la personnalité pour percer vraiment au-delà du fan base mais on y croit. Ils sont jeuens après tout et leur marge de progression est énorme. Après "Dinosaur" et Ages And Sun", Robbing Millions publie un troisième EP à la rentrée.

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