Pukkelpop 2014, c’est parti!

La 29e édition du festival limbourgeois affiche complet.  Avant les têtes d'affiche du jour (Outkast, Editors, DeadMau5, Disclosure), il y avait déjà de belles découvertes à s'offrir sous les chapiteaux.

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Il y a eu un chapiteau qui s'est écroulé mardi dernier -heureusement sans faire de victimes- pour être aussitôt consolidé. On a reçu de très longs bulletins météo de l'IRM pour rassurer tout le monde et des communiqués de l'organisation tout aussi apaisants.  Des milliers de petites mains agiles ont envoyé à maman le message "I Am Ok" de l'application lancée par Belgacom et la fête a enfin débuté ce jeudi peu avant midi sur le site de Kiewit, dans l'agglomération d'Hasselt.

Cette 29 édition du Pukkelpop qui affiche complet (66.000 visiteurs quotidiens) accueille jusqu'à samedi son lot toujours impressionnant de têtes d'affiche (Outkast, Editors, The National, Queens Of The Stone Age, Snoop Dogg, Macklemore & Ryan Lewis, Portishead), une pléthore de talents belges et internationaux émergents, ses hypes justifiées, ses buzz complètement surfaits ainsi que des révélations qui surgissent là où personne ne les attend. Mais ce festival limbourgeois a aussi réussi à imposer au fil des années une vraie identité extra-musicale. L'accueil optimal dès les premiers postes de contrôle de sécurité , les drapeaux colorés, les ballons, les espaces pour chiller, les séances de yoga au camping, les tentes arabes pour déguster le thé à l'abri des décibels, les manèges, un salon de coiffure et une étiquette "alternative" qui n'empêche ni une organisation minutieuse ni  des grosses exclusivités en  font une expérience unique autant qu'incontournable dans l'agenda des festivals.

Ce jeudi, avant l'arrivée très attendue d'Outkast, Editors, Magnus et du prince de l'électro DeadMau5, les festivaliers ont déjà pu faire le plein de sensations contrastées sous les chapiteaux. Après  la prestation tout en nuances de l'ex frontman de The Walkmen, Hamilton Leithauser, venu présenter son premier album solo "Black Hours" au Club, on passe au Dance-Hall pour Cut Copy, jeune formation anglaise qui rappelle dans les meilleurs moments de son concert le New Order de "Technique" mais a aussi tendance à s'abandonner flirte dans une dance-pop très prévisible. Un saut de puce d'une cinquantaine de mètres suffit à nous plonger dans l'électro hip-hop de Young Fathers. Auteurs du passionnant "Dead" paru sur le label Anticon au début de l'année, les trois MC's écossais mêlent leur voix à des beats saccadés et hypnotiques mais ont du mal à maintenir le climax de leur album sur toute la durée de leur prestation.

La faute aux temps morts entre les morceaux et à des beats trop répétitifs. Les temps morts, les gamins de The Strypes ne savent pas ce que c'est et confirment en quarante-cinq minutes chrono tout le bien qu'on pense d'eux depuis qu'on les a vus en janvier dernier à l'Eurosonic.  Dignes héritiers des Stones de la période "Aftermath" et des Kinks,  le très classe quatuor irlandais a une longueur d'avance sur toute la concurrence. Les nouveaux Oasis/Arctic Monkeys, c'est eux.

A peine les derniers riffs de The Strypes sortis des enceintes de la main stage, nous nous lovons dans le songwriting plutôt bien inspiré de Hozier. Le Club est archi-bourré pour accueillir cet Irlandais révélé par "Take Me To The Church", premier EP en forme de pamphlet contre les montées d'homophobie en Russie. Guitare électrique, orgue et violoncelle servent avec finesse cet artiste qui assume d'une timbre puissant et touchant des influences qui vont de Léonard Cohen à John Lee Hooker en passant par le gospel. 

Un premier coup de coeur. Nouvel espoir flamand, The Spectors tirent son nom du créateur du "Wall Of Sound". Mais plus qu'à Phil Spector, c'est dans le rock lo-fi américain et shoegaze anglais que cette formation emmenée par la mignonne Marieke "van Blankenberge" nous fait penser. Avant les délires visuels (mais pas musicaux) de Die Antwoord, c'est Mac De Marco qui s'impose une nouvelle fois (après les Nuits Botanique) comme le roi de la pop nonchalante. Bouteille de Jacks Daniel's à portée de la main, cigarette au parfum douteux accrochée à ses cordes de guitare, le hipster canadien joue au faux glandeur et balance sur le mode freestyle ses jolies chansons extraites du recommandable "Salad Days". Un beau délire traversé de sonorités hawaïennes et de rythmes doo-wop oniriques. Il n'en faut pas plus pour en faire de notre second coup de cœur d'une journée qui est loin d'être finie…

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