Prince sort deux nouveaux albums: on les a écoutés

"Art Official Age" et "Plectrumelectrum" sortent ce vendredi 26 septembre.  Le kid de Minneapolis nous ennuie sur le premier mais sort la grosse artillerie funk/rock sur le second enregistré avec les trois filles de 3rdEyeGirl.

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Cinq ans après "20Ten" qu'il avait "offert" gratuitement via la presse écrite quotidienne (Het Nieuwsblad chez nous), Prince revient donc aux affaires en publiant ce vendredi 26 septembre deux albums qui sont commercialisés séparément: "Art Official Age" sur lequel il joue de tous les instruments et "Plectrumelectrum" enregistré avec son nouveau groupe de filles 3edEyeGirl qui l'accompagnaient sur scène au Sportpaleis et au Botanique en mai dernier. Ces deux disques marquent également le retour du kid Minneapolis dans le "circuit" traditionnel des maisons de disques.  En début d'année, Prince s'est en effet réconcilié avec son ancien label Warner et a négocié un nouveau contrat lui octroyant la propriété des masters de tous ses enregistrements déjà publiés et la possibilité de distribuer à grande échelle ses nouvelles productions. Très attendue des fans, une édition remastérisée de "Purple Rain", son chef-d'œuvre qui fête son trentième anniversaire, est d'ailleurs en chantier.

Et alors ces deux nouveaux albums, il faut en penser quoi? Le premier enseignement à tirer est que Prince reste un génie prolifique qui croit -sans doute à tort- que tout ce qu'il crée dans ses studios de Paisley Park à Minneapolis mérite de voir le jour. Deux disques, ça fait en effet beaucoup de musique à absorber. Et même si les projets sont complètement différents, l'admirateur le plus fanatique devra admettre que sa production est inégale sur un plan qualitatif.

On commence donc par "Art Official Age", que l'artiste âgé aujourd'hui de 56 ans, présente comme un projet solo. Il a écrit, composé et joué sur les treize morceaux qui sont coproduits par Josuah Welton. Prince y propose un mix de soul, de funk/jazz et de R&B mâtiné de fusion. Hormis l'étonnante plage titulaire aux sonorités électro/disco et l'explosif Funk N Roll, l'ambiance est aux ballades torrides chantées avec sa voix de fausset. Et on s'ennuie très vite au milieu de ces nappes de claviers, de ces spasmes féminins, de ce piano sirupeux pour pub Martini et de ces confessions érotiques recueillies sur un tapis de roses ou un oreiller pourpre. Pour une magnifique caresse This Could Be Us, dédié à son ancienne égérie Apollonia qui jouait dans la version cinématographique de Purple Rain, on a aussi droit à un version soporifique de six minutes trente de Time qui tourne sur elle-même. Bof, bof…

Avec "PlectrumElectrum", présenté comme un album de Prince & 3rdEyeGirl,   on quitte la chambre à coucher pour rejoindre le dancefloor et les caves enfumées. Donna Grantis (guitare), Hanna Ford Welton (batterie) et Ida Nielsen (basse) s'en donnent à cœur joie sur des morceaux toniques voire délicieusement féroces. "Personne ne peut jouer comme ce groupe", confiait récemment Prince au magazine Rolling Stone. "Des gens vont essayer, mais ils n'en seront pas capables." Et il n'a pas tort. Dès Wow, la machine est lancée. Prince balance la purée, les trois nanas embrayent au quart de tour. La basse secoue les tripes, la grosse caisse claque et les guitares rugissent enfin. Traversé d'un riff heavy metal, la plage titulaire, déjà jouée sur scène un peu comme la plupart des morceaux, est une tuerie. On craque aussi pour la version explosive de Funk N Roll, qui figure donc sur les deux albums et on se prend une belle cure de jouvence avec Pretzelbodylogic, funk/rock qui nous replonge dans notre adolescence. Si vous avez aimé le Prince de "Dirty Mind", "Purple Rain" et "1999", c'est ici qu'il  faut venir: même énergie, même fraîcheur et même jeunesse.  Le titre "Songs Of Innocence" aurait mieux à ce disque qu'au dernier U2 proposé par iThunes.

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