Prince impérial au Sportpaleis d’Anvers

Près de trois heures de show, trente morceaux et une version à faire pleurer de Purple Rain. A bientôt 56 ans, le kid de Minneapolis a une nouvelle fois remis les pendules à l'heure.

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"Belgium, are you ready for me? Because I am ready for you…"  Il ne faut pas trente secondes à Prince pour nous faire oublier la pluie qui inonde les trottoirs d'Anvers et pousse  les spectateurs assis du Sportpaleis à oublier définitivement leur place numérotée.  Pour cette tournée Hit And Run Part II, sa majesté  a réduit les choses à l'essentiel: un décor sobre, quelques fumigènes, une pluie de confettis mauves (sur Purple Rain of course) et trois musiciennes (Donna Grantis, Hannah Ford et Ida Neilsen). Mais, par contre, côté show et pour la setlist, c'est tout simplement époustouflant. Sur la première heure de concert, Prince enchaîne pas moins de quinze tubes. Mais alors, des vrais tubes, genre le truc énorme que tout le monde connaît. Let's Go Crazy, Take Me With U, Rasperry Beret, U Got The Look, Musicology, Kiss, When Doves Cry, Nasty Girl, Sign Of The Times, Hot Thing, Controversey, 1999, Little Red Corvette, Nothing Compares 2 U… Avouez que ça le fait. Prince est au four et au moulin. Il crache des solos hendrixien (sur Take Me With U),  attrape une guitare basse (sur Musicology), passe derrière le piano au piano pour trois ballades chantées avec son timbre falsetto (How Come U Don't Call Anymore, Diamond and Pearls, The Beautiful One), parade sur la scène dans des déhanchements désinvoltes et ne cesse de haranguer le public.

 

Les meilleurs moments? On avoue avoir du mal à en ressortir tellement la soirée a été intense. En vrac, nous pointerons sa version torride de Controversy  qui a fait monter la température de dix degrés, le refrain de 1999 éclairé de 18.000 smartphones, le solo de guitare magistral sur le final de Purple Rain qui nous a mis les larmes aux yeux ou encore sa renversante prouesse funk/rock sur le très peu joué Guitar tiré de l'album "Planet Earth".   Les fans de la grande époque de Prince retiendront aussi qu'ils ont eu droit à pas moins de six extraits de "Purple Rain", cinq de "Signs Of The Times" et trois de "1999", sans doute ses trois meilleurs albums.  A bientôt 56 ans, Prince s'amuse toujours comme un fou, respire la forme physique, respecte son public, change chaque  soir son répertoire, modifie les versions de ses morceaux (un Let's Go Crazy  méconnaissable) et rappelle que c'est une bête de scène infatigable.  Finalement , le seul bémol de cette soirée, c'est qu'après une telle performance,  tous les autres concerts risquent de nous paraître bien mièvres .

La setlist du concert

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