Présumé coupable

D'emblée, on est frappé par la précision clinique avec laquelle Vincent Garenq (Comme les autres) reconstitue la terrible affaire d'Outreau, l'un des plus gros scandales judiciaires français. Rappelez-vous: en 2001, une dizaine d'innocents étaient arrêtés et inculpés pour crimes pédophiles.

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Terrible sujet de cinéma! Plongée subjective dans la descente aux enfers d'Alain Marécaux, huissier de justice condamné à tort, le film s'appuie uniquement sur le point de vue de la victime et sur l'interprétation extrêmement doloriste de Philippe Torreton.

C'est sa force et sa limite. Forcé de subir les humiliations et la destruction morale et physique de Marécaux, le spectateur peinera pourtant à ressentir de l'empathie pour le calvaire de l'homme, malgré l'excellente reconstitution juridique. On se demande alors si la véritable puissance cinématographique de l'affaire d'Outreau n'aurait pas été de braquer le regard sur la mécanique implacable de celui qu'on appela le "petit juge" Burgaud ou la perversité innommable de cette mère incestueuse, Myriam Badaoui. En tout cas, si vous allez voir le film, accrochez-vous car on en ressort secoué, presque sali.

Présumé coupable
Réalisé par Vincent Garenq (2011). Avec Philippe Torreton, Noémie Lvovsky, Wladimir Yordanoff – 102'.

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