Pourquoi on a adoré Beck à Forest National

Le chanteur mutant californien n'a attiré que 2.000 personnes ce mercredi mais  cela ne l'a pas empêché de livrer une prestation époustouflante. On vous résume ça en trois points.

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> Beck, le  mec.   Beck débarque tout sourire et lance les débats avec un Devil's Haircut livré en version brut de chez brut. Il enchaîne avec Black Tambourine et Loser avant de s'adresser, tout sourire, au public. "Merci d'être là, merci de ne pas m'avoir oublié après toutes ces années."  Il est vrai que le musicien californien n'avait plus sorti d'album depuis six ans avant ce "Morning Phase" apaisant paru en février dernier. Pendant deux heures, Beck va se montrer polisson, toujours appliqué sur ses chansons mais d'une rare décontraction. Oui, le mec ne cache pas sa joie d'être là et sa prestation n'a rien de routinière. C'est cool. On ne l'a jamais vu d'aussi bonne humeur.

> Beck, le musicien.  Ce gars, c'est un peu le Prince de la scène rock indie. Il sait tout faire. Rock, pop, chansons hippie californienne, hip-hop, funk, électro… Et il tire profit de ce savoir-faire artisanal pour proposer avec son groupe pléthorique un concert qui passe en revue toutes les tendances musicales de ces dernières années. Ses musiciens ne sont pas des manchots et s'éclatent dans ce grand kaléidoscope mélodique. Nous qui profitons d'habitude des présentations des membres du groupe pour aller (re)chercher des bières, on se régale quand Beck demande à chacun de ses musicos "de se faire plaisir en improvisant un truc".  Au hasard, on a eu droit à de la musique latino, à une cover de Miss You des Stones ouune autre de Da ya think I'm sexy de Rod Stewart.

> La setlist. Elle n'oublie aucune facette de l'artiste. Beck se lâche comme un ado sur ses tubes (Devils's Haircut, Loser, The New Pollution, Sexx Laws, Where It's at) et se montre très inspiré lorsqu'il s'agit de défendre "Morning Phase" dans lequel il puisse à cinq reprises (Blue Moon,  Heart Is drum, Unfrogiven, Waking Light, Wave).  Oui, c'était une belle soirée, pleine de surprise (Timebomb, sa reprise d'I feel love de Donna Summer), de décontraction et de grands moments de musicalité. On en connaît beaucoup qui vont regretter de ne pas avoir fait le déplacement.

Beck Think I'm in Love/I Feel Love

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