Porfirio

A la base, Alejandro Landes est réalisateur de documentaires. Et ça se sent dans cette première fiction. 

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Car l’homme possède un redoutable sens de la précision journalistique et base son film sur des faits réels. Heureusement, il s’échappe aussi de ce carcan pour faire preuve d’un humour aussi ravageur que désenchanté! Bilan: positif!

Parce que ce film qui aurait pu verser dans le mélo racoleur atteint un quota de tendresse qui en fait tout le charme.

Il aura suffi d’une balle perdue tirée par un policier pour que Porfirio Ramirez, qui tient ici son propre rôle, se retrouve condamné au fauteuil roulant pour le reste de ses jours. Il tente d’obtenir un semblant de réparation, au moins financière, auprès de l’Etat colombien.

Mais cet essai se heurte à un appareil politique très enclin à renier ses erreurs. Dépressif au dernier degré, Porfirio finira par commettre l’irréparable dans l’espoir d’attirer l’attention du président du pays. Plus proche de l’observation des aléas de la vie du personnage principal que de l’action pure, le film se centre surtout sur le quotidien d'un homme véritablement possédé par un corps qu’il ne maîtrise plus que dans sa partie supérieure.

Malgré l’étendue des dégâts, Porfirio continue à arborer des yeux qui pétillent de joie et d’espoir. Prouvant en cela que garantir le sourire au spectateur reste sans doute le meilleur moyen de l’attirer vers un film au message politique bien trempé.

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Porfirio
Réalisé par Alejandro Landes. Avec Porfirio Ramirez, Aldana Jarlinsson, Ramirez Reinoso – 95’.

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