« Popular Problems » de Leonard Cohen track by track

Nous avons écouté en avant-première "Popular Problems", treizième album studio de Leonard Cohen qui sort officiellement ce 19 septembre, soit deux jours avant le 80e anniversaire du crooner canadien.  Très court, il offre huit chansons dans le pur style Cohen et un ovni intitulé Nevermind. La guerre, le temps qui passe, les relations amoureuses qui s'effritent sont les causes de ces "problèmes populaires" évoqués par le poète baryton sur le ton de la douce mélancolie...

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Slow

Du pur Leonard Cohen. Voix de baryton, arrangements minimalistes avec un orgue langoureux, un zeste de cuivres et Charlean Carmon qui assure le backing vocal sur le refrain. Eloge à la lenteur,  à l'attitude zen et  à la jouissance du moment présent, Slow n'est pas une chanson sur la vieillesse mais bien sur un mode de vie. "Ce n'est pas parce que je suis vieux, la lenteur est dans mon sang", chante-t-il.

Almost Like The Blues

Pas vraiment un blues, mais plutôt une ballade soul qui évoque la guerre, le viol, les villages brûlés, "ces enfants qui disparaissent", la famille et les doutes spirituels  ("Il n'y a pas de Dieu au paradis et pas d'enfer en-dessous de nous, me disait ce grand professeur"). Un regard désabusé sur ce monde. Pardon, un regard presque ("almost") désabusé sur le monde qui l'entoure.

Samson In New Orleans

Bercée par un piano, la voix de Leonard Cohen est fragile, presque hésitante, lorsqu'il chante "and we who cried for mercy". Charlean Carmon chante avec lui sur la deuxième partie du morceau. Après le piano, c'est un violon qui arrive tel un sanglot.  Toujours fin dans ses réflexions politiques, Cohen glisse au hasard d'une strophe "elle est dans un meilleur état que l'Amérique". Une petite phrase de rien du tout mais qui veut dire beaucoup.

 

A Street

Cuivres, batterie (!), orgue donnent un joli tonus à cette jolie plage. Le baryton récite plus qu'il ne chante et plante d'emblée le décor… "J'avais l'habitude d'être ton saoulard préféré, mais la party est finie"…  L'utilisation systématique de chœurs féminins se confirme encore ici, mais on se dit que le morceau aurait en encore gagné en émotion brute sans la voix de Charlean Carmon.

Did I Ever Love You

La voix de Leonard Cohen trébuche avec tendresse sur cette chanson qui débute comme un blues crépusculaire de Tom Waits pour vagabonder ensuite sur des terres plus country. Le narrateur revient sur une relation amoureuse. Il n'y a aucune rancune, pas le moindre regret.  Le temps a presque tout effacé. "Est-ce que je t'ai aimé un jour, est-ce que nous sommes battus. Tu n'as pas besoin de réponse…"

My Oh My

Encore une chanson écrite à l'indicatif du passé simple, mais l'histoire elle, n'est pas si simple que ça. Ici, Cohen pointe le regret de tous ces non-dits qui peuvent plomber une relation amoureuse. La réponse au titre précédent.

Nevermind

Un rythme plus up-tempo, presque disco (!) introduit l'une  des plus longue plages  (4 minutes 40) de ce disque très court (35 minutes).  On n'est pas au bout de nos surprises avec Donna Delort qui pousse des vocalises arabisantes sur le refrain, des percussions latino et des violons à la Chic, période Le Freak. C'est l'ovni de cet album et celui qui interpellera l'auditeur dans son écoute religieuse de "Popular Problems". On  est loin, très loin, de Suzanne. L'ovni de l'album.

Born In Chains

Un titre plus faible sans mélodie vraiment porteuse. Heureusement, la voix de Leonard Cohen  et son sens de la formule ("I was idle with my soul/When I heard that you could use me) parviennent à maintenir l'intérêt.

You Got Me Singing

Une belle ballade caressée de guitare acoustique et un message empreint de spiritualité.  Même quand le monde s'arrêtera, il continuera à chanter…

 

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