Pierre Augé: « Maintenant je vais en Camargue me reposer un peu! »

La deuxième fois fut la bonne. Pierre Augé est le Top Chef 2014 et vient de remporter le Le choc des champions, quatre ans après avoir échoué en finale. Retour sur cette victoire très mijotée.

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Dur, dur d’obtenir une interview du gagnant fraîchement couronné de Top Chef. Mais un soir de repos, aux alentours de 18 h, Pierre Augé nous prend au téléphone, chez lui à Béziers, dans le sud de la France. Pour revenir sur sa fraîche victoire mais surtout sur ce qui l’attend maintenant. Le tout avec un accent du Sud bien prononcé!

C'était quelques jours avant de gagner le Le choc des champions face à Jean Imbert. Un grand Chelem pour Pierre.

Après un premier échec en finale, vous finissez par gagner. Enfin heureux?

Pierre Augé – Très heureux! Je ressens un immense sentiment de fierté. Cette victoire, c’est vraiment un bel accomplissement du travail fourni. Mes efforts ont payé. Tous les amis et la famille qui étaient derrière moi sont eux aussi très contents, c’est que du bonheur.

Remporter Top Chef, c’est le top du top dans la vie d’un cuisinier?

P.A. – Soyons clair, l'expérience a été belle et enrichissante et je suis fier de ce que j’ai fait, mais ça ne va pas changer ma vie de tous les jours. Je vais continuer à me lever tous les matins pour aller bosser dans mon restaurant (La Maison de Petit Pierre à Béziers, NDLR). Comme je dis toujours, on n’a fait que faire à manger. (Rire.)

Que "faire à manger"? Pourtant, il vous est souvent arrivé d'être tendu, notamment en dernière chance, et surtout pendant la finale. Vous n’aviez pas l’air de prendre ça à la légère…

P.A. – En effet, mais je suis pareil dans la réalité. La finale, c’est huit heures de cuisine ininterrompue. C’est très long, même si paradoxalement, tout ça passe très vite. J’avais le sentiment que j’allais m’endormir parce que je faisais des choses répétitives et toujours pareilles. Il faut donc se parler, bouger et rester concentré. Parfois s'énerver. C’est une dynamique que j'adopte tous les jours, pas seulement pendant la finale.

Donc cuisiner pendant Top Chef, c’est comme cuisiner au restaurant?

P.A. – A peu près, si ce n’est qu’au restaurant le téléphone sonne sans arrêt. Il n’y a pas de temps mort.

Vous n’en avez pas marre?

P.A. – Posez d'abord la question à mon entourage (rire). Il n’y a pas que moi qui suis fatigué, mais tous les gens qui travaillent avec moi. C’est un truc de fou! Le téléphone sonne tellement tout le temps que quand je réponds, je tombe sur quatre standards qui sont tous pleins. Les gens ne peuvent même pas laisser de messages. Ça sonnait déjà beaucoup avant, mais là, c’est n’importe quoi.

Comment gérez-vous ce succès?

P.A. – A part la sonnerie du téléphone que j’entends encore dans ma tête la nuit, peu de choses ont changé. Bon, je fais des photos et les clients du restaurant me demandent des autographes quand ils viennent, mais ça reste simple,  gentil. Par nature, je suis content si les gens sont contents aussi et surtout fier d’être Biterrois et de pouvoir valoriser ma ville et ma région à travers mon nouveau titre.

Cela ne change rien… Mais vous êtes quand même de plus en plus sollicité?

P.A. – Oui, mais cela ne m'a pas poussé à changer mon planning. Je continue à chômer les lundis, mardis et mercredis soir comme avant l’émission. Je reste à la maison en début de semaine, comme ça je peux profiter un maximum de mes petits, Manon et Gabin. C’est important de garder du temps pour soi, sa famille, même s’il y a beaucoup de travail.

Si Top Chef n’a pas changé pas votre emploi du temps, l’émission a au moins changé votre cuisine…

P.A. – En effet. J’étais venu chercher un peu de créativité et d’esthétique dans l’émission. Ma victoire m’a montré ce que je sais faire et m’a prouvé que je pouvais aller encore plus loin dans mes plats. Mais bon, dans Top Chef, il faut préparer trois, quatre ou cinq assiettes, ici dans mon restaurant j’ai 80 couverts par service. Donc oui, j’ai amélioré ce que je faisais, mais je reste cohérent avec la réalité en cuisine.

Vous perfectionner, c’est pour ça que vous avez retenté votre chance?

P.A. – Alors pas du tout. Je n’ai pas voulu "retenter ma chance", j’ai voulu refaire le concours. C’est différent. Dès la fin de ma première participation, j’ai dit que je voulais recommencer. C’est un concours magique, assez prenant et qui apporte beaucoup de satisfaction. Même si tu es éliminé tôt dans le jeu, il y a un réel échange qui se crée et une vraie motivation pour aller toujours plus loin. C’est quelque chose qui me permet de continuer à avancer encore aujourd’hui.

Mais vous vouliez votre revanche?

P.A. – Non plus, ma motivation n'était pas celle-là. Je n’ai jamais envisagé cela sous cet angle. J’aime gagner, mais je ne suis pas un revanchard. Je me suis inscrit la première fois par envie d’apprendre et pour essayer. Idem la seconde fois. Gagner ou pas n’est pas l'essentiel. Ce qui compte c’est de se prouver des choses. Sans tenter, on ne fait rien de sa vie.

Et maintenant que tout est fini, qu’allez-vous faire dans les prochains jours?

P.A. – Prendre des vacances! Je suis remonté une dernière fois à Paris pour Le choc des champions (diffusé ce dernier lundi sur RTL-TVI), mais maintenant je retrouve ma famille et nous allons tranquillement en Camargue nous reposer un peu. Il faut savoir couper les ponts pour pouvoir prendre du recul.

La famille c’est très important pour vous, on vous a vu vouloir téléphoner à votre femme pendant l’émission…

P.A. – Etre loin de chez soi, ne pas voir ses enfants et le reste de sa famille, c’est dur. Mais j’ai eu la chance de pouvoir rentrer chez moi assez souvent. Sauf à la fin de l’aventure où ce n’était plus possible parce que le rythme était trop intense. Je ne suis pas rentré pendant 12 jours, un record pour moi.

Quels sont vos projets professionnels à présent?

P.A. – Je n’imagine rien concernant l’avenir pour l’instant. Je me concentre sur mon restaurant parce qu’il faut que je sois encore plus à la hauteur. Je ne dois pas décevoir les clients. Ils ont vu des choses à la télévision qu’ils ont envie de voir dans leur assiette maintenant. C’est ça le plus difficile.

Vous pensez ouvrir un deuxième établissement?

P.A. – Non, le mien est très bien comme ça. Il est assez grand, j’ai de quoi faire et cela m’amuse encore de travailler chez moi. Et puis j’emploie déjà 14 personnes, sans compter les jeunes que je forme. A la base, je voulais une entreprise de 10 employés maximum… Tout a grandi plus vite que prévu!

Qu’est-ce que vous allez faire de l’argent que vous avez gagné alors?

P.A. – Franchement, je n’y ai pas encore réfléchi. Je ne l’ai pas fait pour l’argent, donc je ne sais pas. Je vais sûrement le placer.

M6 a confirmé une 6esaison de Top Chef, vous aimeriez en être?

P.A. – (Rire.) Comme invité-surprise pour une épreuve, pas de souci. Mais comme candidat, non! Je ne vais quand même pas refaire une troisième saison!

 

Conseils aux futurs candidats

Le Top Chef 2014 a sa recette personnelle. Pierre recommande:

– d'être soi-même,

– de se respecter et de respecter les autres,

– d'être motivé et ne surtout rien lâcher,

– de prendre du plaisir,

– d'en profiter un maximum et se donner à 200 %.

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