Philippe Soreil: « C’est étonnant que je sois toujours là »

Près de trente ans qu'il fait partie du paysage. Le secret du gardien de La clef des champs? Sa gentillesse. Son talon d'Achille? Sa naïveté. Portrait d'un inconstant qui plaît aux fermiers, aux femmes et un peu moins à la Région wallonne...

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Vous avez toujours été un homme de communication…
Philippe Soreil – Et oui! De manière totalement intuitive. J'ai débarqué en mai 84 à RTL. J'ai appris la télévision sur le terrain. L'époque le permettait. Aujourd'hui, il faut passer des castings, y compris quand on a trente ans de carrière! J'étais au milieu de mégastars comme Anouchka, Marylène Bergmann, Michèle Etzel, Jean-Luc Bertrand, Georges Lang. Aujourd'hui, en télé, il ne reste plus que Philippe Malherbe. Et moi. C'est étonnant que je sois toujours là.

La fin de RTL a été un épisode douloureux.
Il n'y a jamais de rupture agréable. D'autant que je n'avais rien à me reprocher. Mais la loi de la concurrence a joué et le pire est que j'avais des employés dans ma société. Tous travaillaient pour La main à la patte. Ça n'a pas été facile à vivre. Heureusement, j'ai tout de suite été accueilli à la RTBF.

Vous avez toujours des amis sur les deux chaînes?
J'ai été materné à RTL et adopté à la RTBF. Au début, ça n'a pas été simple car j'arrivais avec une image RTL. Mais je suis d'une nature "caméléon", je m'adapte facilement. Peu à peu, j'ai mérité ma place. Aujourd'hui, ma famille est vraiment l'équipe de La clef des champs.

Comment voyez-vous le paysage actuel de la télé belge?
En 25 ans, on est passé de la communication à la consommation. Avec La clef des champs, je ne crois pas faire de la consommation. Au contraire, je suis une courroie de transmission entre ce que sont et font les gens de la campagne et les spectateurs. Je suis resté fidèle à mon idée de la télé. D'ailleurs, il ne faudrait plus me demander d'être un bateleur de jeux, je m'y suis essayé, sans vraiment m'y être retrouvé.

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Quelle qualité doit avoir une femme pour vous séduire?
Ne pas trop dépendre de moi. Ce qui ne veut pas dire qu'elle doit être indépendante. J'aime une femme qui a une personnalité autonome et authentique. J'aime l'admirer pour ce qu'elle a, ce qu'elle est et non pour ce qu'elle m'apporte. On n'arrivera pas à me séduire avec des petits plats. Ce qui me séduit aussi, c'est une énergie transmise à la fois par la morphologie du corps, par le regard. J'aime aussi chez une femme une certaine sauvagerie et une sportivité dans tous les sens du terme.

La Belgique est une terre que vous défendez. Pourriez-vous la quitter?
Pourquoi pas? Je m'y sens bien, mais je suis aussi un citoyen du monde. J'ai beaucoup voyagé. C'est peut-être ce qui me permet de trouver mon équilibre ici. Et ce n'est pas fini. J'ai été sollicité par le voyagiste Continents insolites pour accompagner des groupes. Je suis un des fondateurs de cette agence de renommée internationale.

Et vous partez comme guide!?
Je suis parti à deux reprises, dans le delta Okavango, au Botswana, et à Madagascar. Cette fois, j'espère partir en Mongolie et à Bornéo. J'adore voyager et plus encore avec une caméra ou avec des gens car il y a à partager. Même si je ne suis pas un guide qui connaît la Mongolie sur le bout des ongles, je suis dans une dynamique de groupe. On partage les découvertes. Ce n'est que du bonheur.

Interview complète dans le Moustique du 13 juin.

LA CLEF DES CHAMPS
CHAQUE SAMEDI LA UNE 14H10

Ma Wallonie, Philippe Soreil, Martine Noblet,
Renaissance du livre, 144 p.

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