Philippe et Mathilde: Comment ils ont assuré le job

Que penser de la première année du nouveau couple royal? A-t-il répondu aux attentes? Comment travaille-t-il? On s'est replongé dans les grands moments, on a interrogé, décrypté. Bilan: un quasi sans-faute. Pour l’instant...

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Mathilde reine de la com

En voilà une qui n’a pas éprouvé de difficultés à incarner la fonction. Malgré la présence de deux autres reines dans le pays, appréciées elles aussi à différents titres, Mathilde a immédiatement épousé sa nouvelle fonction. "C’est une reine de… la communication" sourit un journaliste habitué à observer les têtes couronnées. Et de fait, alors que lors des rencontres informelles avec la presse, Philippe se contente souvent de poser les questions d’usage, Mathilde, elle, identifie les gens, se souvient des médias pour lesquels ils travaillent. "Elle retient aussi des détails plus personnels. Je l’ai entendue féliciter un confrère pour la grossesse de sa femme, lui demander si la chambre était prête car l’accouchement était proche" confie un rédacteur en chef.

 

Des petites touches d’attention qui font plaisir mais donnent aussi du crédit à Mathilde. Evidemment, il y a toujours des détracteurs. Et quand on est reine, on traîne derrière soi les anathèmes qui vont avec "bourgeoise, snob, imbue de sa personne". Demander à ce qu’on lui donne du majesté n’a évidemment pas aidé. Mais rien n’y fait, globalement, Mathilde a aussi réussi son examen d’entrée. Préparée à la fonction ("Elle a prononcé à elle seule en tant que princesse plus de discours que les reines Paola et Fabiola réunies" note Vincent Dujardin), elle semble avoir largement contribué à donner à Philippe ses galons de roi. Notamment en le rassurant… Ce qui n’est sans doute pas le travail le plus évident.

 

Un an, les grands moments

De la prestation de serment au but d'Origi, une année quasi sans fausse note.

 

21 juillet, 12h12.

Moins de deux heures après l'abdication de son père, Philippe prête serment devant les chambres réunies et les différentes autorités du pays. Bain de foule sous un soleil de plomb, apparition-surprise du nouveau couple royal au balcon du palais de Bruxelles: la journée impose l'image publique d'un souverain moins timoré qu'on le craignait.

3 septembre.

La chaîne néerlandophone Vier diffuse la première partie du documentaire Ma fille s’appelle Delphine, sur la relation entre Sybille de Sélys Longchamps, la mère de Delphine Boël, et le père de Philippe. RTL-TVI embraie le lendemain. Grand moment de télé, mais très mauvaise image pour la famille royale belge, présentée comme assez dysfonctionnelle. Le Palais se tait dans toutes les langues.

6 septembre.

"La Joyeuse Entrée du roi et de la reine en Brabant flamand, c'est parti." Le Palais royal innove en émettant les deux premiers tweets de son histoire, sur le compte @MonarchieBe, à l'occasion de la première des onze Joyeuses Entrées de Philippe et Mathilde, à Louvain.

12 septembre.

La presse révèle que Mathilde aurait demandé de se faire appeler "majesté" plutôt que "madame", pour ne pas qu'on la confonde avec Paola et Fabiola. Et certains de se demander si la nouvelle reine n'est pas en train de se prendre le melon.

27 septembre.

Joyeuse Entrée du nouveau couple royal à Anvers. La plus problématique de toutes: c'est Bart De Wever, bourgmestre de la ville, qui est censé l'accueillir. Pas la grande foule, et petite polémique lorsqu'on apprend que Philippe et Mathilde ne seront pas reçus à l’Hôtel de Ville en raison d’une compétition internationale de trial bike. Certains milieux francophones y voient une manigance du patron de la N-VA.

7 novembre.

Albert II se rappelle au bon souvenir de tous en se plaignant que son nouveau régime de dotation est insuffisant, moins de 1 million € par an. L'affaire fait tache, alors que le gouvernement gratte littéralement les fonds de tiroirs pour présenter un budget en équilibre. Le Premier ministre lui-même se sent tenu de rappeler que rien, dans la nouvelle loi sur les dotations royales votée en juin, ne sera modifié.

1erdécembre.

L'émission de VTM Royalty révèle quePhilippe a accordé 11 grâces individuelles depuis son accession au trône, principalement relatives à des infractions de roulage. L'affaire choque l'IBSR, l'Institut belge pour la sécurité routière. Mais surtout la Flandre politique, qui voit à nouveau dans le régime des grâces un privilège royal d'un autre temps. Un faux débat, pourtant, puisque dans les faits, les grâces sont choisies et accordées par le gouvernement. Dans la foulée, la ministre de l'Intérieur Annemie Turtelboom s'engage à ne plus approuver de demande de grâce royale d'ici les élections du 25 mai.

24 décembre.

Premier discours de Noël. Un exercice consensuel mais réussi sans anicroche, d'après tous les observateurs. Philippe innove un peu: il se tient debout et, surtout,s'adapte à la nouvelle Belgique fédérale puisque son discours est pour la première fois entièrement prononcé en allemand, à destination de la communauté germanophone.

2 mars.

Pourtant fervent catholique, le roi signe la loi sur la légalisation de l'euthanasie à destination des mineurs, sous certaines conditions. On craignait un blocage, comme en 1990, lorsque son oncle Baudouin refusa de signer la loi dépénalisant l'avortement.

26 mars.

De passage en Belgique, Barack Obama rencontre Philippe, notamment à Waregem, sur un cimetière abritant les tombes de soldats américains tombés lors de la Première Guerre mondiale. L'occasion de comparer les deux hommes. Et de constater que, tout compte fait, la prestance de philippe égale bien celle du président américain.

2 avril.

La lettre ouverte de Paola aux médias, écrite après l'hospitalisation de quinze jours du prince Laurent, suscite la controverse. La reine y exprime toute son "affection" pour son fils cadet, maissuggère un manque de considération de Philippe pour Laurent. Publié sans aval officiel, le communiqué fâche le Palais (et Philippe, donc…) qui démet de ses fonctions le principal conseilleur d'Albert, Vincent Pardoen. Ou quand le roi rappelle qu'il n'y en a qu'un en exercice, et que c'est bien lui.

18 mai.

Philippe court les 20 Km de Bruxelles. Une présence remarquée: certes, c'est la deuxième année consécutive qu'il y participe, mais c'est la première fois en tant que roi. Et évidemment la première fois qu'un roi s'inscrit à un tel événement. Son temps: 1 heure 58. Pas mal…

25 mai.

La N-VA au Nord et le PS au Sud remportent les élections fédérales, régionales et européennes. Deux jours plus tard, Philippe nomme Bart De Wever informateur royal. On craignait le clash entre deux hommes que tout oppose. Professionels, ils semblent avoir réussi à échanger sans trop de problème.

9 et 10 juin.

Albert II accorde une très longue interview télévisée à RTL-TVI, diffusée sur la chaîne privée puis sur VTM. Une première dans l'histoire de la monarchie. A nouveau, la manœuvre fâche le Palais, qui n'a pas été consulté au préalable. Les observateurs dénoncent un manque de clairvoyance de l'ancien monarque. La diffusion de cet entretien se déroule en effet au moment où Philippe est le plus à découvert, en pleine négociation post-électorale. Préparée sans son aval, elle laisse entendre que le nouveau roi ne sait pas se faire obéir de ses proches. Surtout, elle  s'est déroulée prioritairement en français, ce qui conforte l'idée, très présente en Flandre, que la monarchie belge "roule" toujours d'abord pour les francophones.  

20 juin.

Philippe et Mathilde s'embarquent pour un voyage de trois jours ultra-médiatisé à Rio pour assister au match Belgique-Russie. Surfant sur la gigantesque vague Diables Rouges, succès d'image garanti. N'était le petit couac de la reine, qui confond Lukaku et Origi, auteur du but de la victoire…

 

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