Pharrell Williams déçoit au Sportpaleis

Un concert formaté, peu inspiré, trop court et sans  ambiance. La star pop ne nous a pas rendus Happy ce mercredi au Sportpaleis.

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La dernière fois que nous avons vu Pharrell Williams dans une salle en Belgique, c'était un soir de décembre 2008 à l'Ancienne Belgique avec son groupe N.E.R.D. C'était loin d'être  rempli, la setlist était approximative, il y avait des failles, des fautes mais tout respirait le fun et la spontanéité. Et c'était bien cool, car en quittant l'A.B., le spectateur avait le sentiment d'avoir vécu une prestation unique et d'avoir eu en face de lui un artiste totalement libre de ses mouvements.

Il en a été tout autrement ce mercredi soir, dans un Sportpaleis bien rempli, mais pas sold-out.  Le prince des charts a profondément déçu. D'abord, placer deux premières parties et commencer son concert à 22h20 en pleine semaine quand il y a plein de gosses et d'ados dans la salle, ce n'est pas très malin d'autant que la majorité du public pensait que son show allait débuter à 20h30, comme indiqué sur le billet. Ensuite, parce qu'on n'a rien vu d'inventif. Sous son chapeau brun de la police montée canadienne (qui devient franchement ridicule), Pharrell annonce très vite que lui et son groupe "vont tout donner ce soir, c'est promis, Antwerpen". Mais voilà, ils ne donnent rien du tout. Il n'y a pas d'effets visuels, la mise en scène est cheap et les six danseuses (une black, une blonde, une asiatique, une maigre, une fat, une comique, une qui tire la tronche… on dirait une pub Benetton) exécutent des chorégraphie urban street comme on peut en mater des milliers chaque jour sur YouTube. Ses musiciens jouent la note en pensant au film qu'ils vont regarder dans leur chambre d'hôtel, il y a des parties évidentes de play-back (notamment sur le Get Lucky de Daft Punk ou la cover de Drop It Like It"s Hot de Snoop Dogg) et le beau Pharrell se contente trop souvent d'arpenter la scène de gauche à droite en balançant son sourire stéréotypé. Ouais, c'est pas la folie quoi. Côté répertoire,  après un excellent "Marilyn Monroe", on se réveille un peu au premier tiers de set lorsqu'il revisite avec entrain le catalogue de N.E.R.D., mais ça retombe hélas très vite. Après une heure de concert et un Get Lucky qui ne fait même pas bouger la salle, il quitte déjà la scène. Un petit rappel, enfin un peu d'ambiance sur l'incontournable Happy et c'est déjà fini.  Demain, il joue en Allemagne et dira sans doute "on va tout donner ce soir, c'est promis, Frankfurt!"…   Une prestation indigne de son statut. Et pourtant, on l'aime Pharrell. Merde, et dire qu'il y avait La Cécité des Amoureux qui jouait au Bota.

Pharrell Williams au Sportpaleis (vidéo amateur)

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