Perfect Mothers

Naomi Watts et Robin Wright au sommet de leur sensualité pour un film qui fait sauter les tabous.

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La réalisatrice française Anne Fontaine délaisse le thème du trio amoureux qui lui est cher (Nettoyage à sec, Nathalie) pour un quatuor sulfureux.

Le point commun de ses films? Une attirance pour les amours interdites qui questionnent la perversion. En adaptant une nouvelle de Doris Lessing (intitulée Les grands-mères) avec le scénariste des Liaisons dangereuses, difficile de mieux tomber. "Cette histoire était chargée d’une force émotionnelle érotique très forte. Il m’a semblé tout à fait troublant et captivant de raconter l’histoire de ces deux femmes qui prolongent leur amitié fusionnelle dans un amour physique pour leurs fils respectifs."

Le résultat? Une histoire d’amour ambiguë au-delà des conventions familiales, sublimée par deux actrices lumineuses (magnifiques Robin Wright et Naomi Watts en femmes d’âge mûr). Tourné en scope dans une Australie de rêve, le parti pris esthétique du film est clairement du côté de la sublimation.

"J’ai voulu filmer les peaux, la lumière, les corps de ces acteurs beaux comme des dieux grecs. Afin que le spectateur lui-même bascule dans cette attirance irrépressible, au-delà du tabou." Libérée elle-même des conventions d’un certain cinéma français, la caméra d’Anne Fontaine se glisse à travers les regards furtifs et les gestes cachés, et laisse éclore le long des plages de sable blanc des sentiments plus forts que le désir.

C’est aussi pour ça que l’histoire nous touche, parce qu’au-delà de la puissance érotique de l’interdit, le film capte la nature tenace d’un amour hors norme, qui revient sans cesse comme un boomerang. Et on se prend à le regarder un peu comme on regarde la mer, avec une grande humilité, sidéré par sa beauté.

Perfect Mothers
Réalisé par Anne Fontaine. Avec Naomi Watts, Robin Wright, Xavier Samuel et James Frecheville – 111’.

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