Panda Bear – Panda Bear Meets The Grim Reaper

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Après sa collaboration avec Daft Punk, le génie américain offre un disque paradisiaque.

Les poils de l’animal le plus célèbre de Pairi Daiza servent aussi de cachette à Noah Lennox, inlassable tête chercheuse et bricoleur de sons multicolores. Avec son groupe Animal Collective, Panda Bear a véritablement prescrit les codes musicaux du nouveau millénaire. En malaxant les matières électroniques et organiques, le garçon a inventé un terrain d’entente privilégié entre l’homme et la machine. Aujourd’hui, il vit à bonne distance de New York, épicentre de ses premières recherches. "Sous les gratte-ciel, je devenais anxieux et casanier. J’avais besoin de changer d’air. J’ai découvert Lisbonne à l’occasion d’un festival. Je suis tombé amoureux de cet endroit et d’une fille"

On le retrouve cette fois au bras d’une drôle d’amie: "Panda Bear Meets The Grim Reaper", soit le titre d’un cinquième album solo sans fausse note. Dans la culture anglo-saxonne, The Grim Reaper n’est pas un personnage rigolo, plutôt une héroïne du genre macabre: la Grande Faucheuse. "Pour moi, elle représente surtout le changement. Quand un truc meurt autour de nous, on se transforme. Il peut s’agir d’un décès dans la famille, d’un déménagement ou d’une rupture sentimentale. Face à ces événements, on se métamorphose, on développe une autre perception de soi et du monde." Quelques mois après sa participation au générique du blockbuster "Random Access Memories", Panda Bear a délaissé les robots de Daft Punk pour se regarder en face. Sur le titre Mr. Noah, il livre ainsi un autoportrait cinglant. "Ici, j’ai tenu une sorte de journal intime et réalisé un gros travail d’introspection. Je suis entré en contact avec la partie la plus sombre de ma personnalité. En fait, je crois que tout le monde planque des non-dits, des mystères, des choses à oublier. L’idée, c’était de partir de mon cas personnel pour toucher à l’universel."

Si les textes des nouveaux morceaux traversent les ténèbres, les mélodies illuminent le monde via des arcs-en-ciel électro-pop, des chorales célestes et quelques vieux beats hip-hop recyclés avec vivacité. À bord de l’excellent single Boys Latin, Noah Lennox se permet même un crochet par le passé: un point de rencontre entre son œuvre et celle d’Animal Collective. "Ce n’est pas intentionnel. Au quotidien et dans ma musique, je ne regarde jamais dans le rétro. J’évite de ressasser les souvenirs. On peut bien sûr apprendre du passé. Mais s’y prélasser, ça n’a aucun intérêt. Que ce soit avec mes chansons ou celles d’Animal Collective, j’essaie toujours d’avancer. Je suis contre l’immobilisme." Mieux que ça: ce mec a déjà un pied dans le futur.

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