Ours – Bien léché

Charles Souchon impose sa patte pop.
Son premier album s'intitulait "Mi". Le petit nouveau, tout frais et tout beau, a pour nom "El". Les deux accolés forment "Miel". Normal pour un ours affamé direz-vous.

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C'est aussi comme ça que cet amoureux de la pop imagine ses chansons, "un peu sucrées et qui apaisent", à l'instar du délicieux Balancer qu'on entend beaucoup à la radio et du tonique Qui est qui.Mais attention, derrière ses jeux de mots, son penchant pour l'allitération, ses mélodies artisanales et sa manière mi-tendre, mi-rigolote de donner le ton façon Mambo du décalco de Gotainer, Ours est aussi capable de foutre le bourdon. En milieu de disque, il nous sort ainsi sans prévenir trois merveilleuses petites chansons mélancoliques: Une autre, Les chocottes ("T'es chaud, t'as la cote, pourquoi t'as les chocottes?") et Nœuds. "J'écoute beaucoup de chansons tristes mais dans la vie, je ne suis pas du genre mélancolique. Mais alors pas du tout. Mes coups de blues, je dois sans doute les mettre ailleurs, et pourquoi pas dans mes chansons",avoue-t-il.

De son vrai nom Charles Souchon (oui, c'est le fils d'Alain Souchon), Ours est arrivé tard dans la chanson. La première fois qu'on l'a vu sur scène, à la sortie de "Mi", il avait trente ans, était timide comme un enfant et faisait chalouper ses chansons avec des guitares caribéennes. Trois ans et cent septante concerts plus tard, Ours est toujours chaud dans les mélodies, mais moins polaire dans l'attitude. Ours joue encore au gros nounours.

C'est le genre de pote avec qui l'on ne doit jamais se disputer. Et s'il ne sera jamais le roi du charisme, il a pris de l'assurance et ça s'entend. "J'ai vécu chaque concert comme un apprentissage, mais aussi comme un rêve éveillé. Quand je me suis retrouvé pour la première fois derrière un micro et devant un public, je me suis dit: "Ça y est, je suis chanteur." Je me suis affiné, je me suis assumé et mes nouvelles chansons reflètent cet état d'esprit." Ours a mis, en effet, du punch dans son nouveau disque et des guitares électriques dans les refrains. On croit même reconnaître le riff d'I Wanna Be Your Dog des Stooges sur le délicieux En jean et féminine. Car "si les robes ont eu droit aux hymnes, le jean aura sa comptine",chante-t-il. C'est joli et c'est bien dit. Luc Lorfèvre
Le 3/6 au Bota.


Ours – El
EMI/Virgin

Le Cafard des Fanfares

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