Où va la nuit

Déception. Lassée d’être battue en silence par son mari, Rose l'envoie ad patres avec un grand coup d'accélérateur.

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Pas de mystère ici, Provost (qui a déjà réalisé Séraphine avec notre Yolande) s’intéresse à la dérive de cette femme que son geste ne sauve pas. Oui, mais… "où va le film?" Provost hésite, essaie de l'entraîner sur des chemins inédits.

Mais tous sans issue. La paysanne se retire à Bruxelles, Provost confond langueur et longueurs. Le suspense policier est aussi éventé fissa; le flic suivant avec une compassion incompréhensible sa gentille meurtrière. On s'attarde sur la relation mère-fils: encore l'impasse! Drôle de film. Mais il y a Yolande.

Dès les premières images, les cheveux dénoués, mal fagotée, elle est absolument impériale, telle une héroïne de Cassavetes entraînée malgré elle vers son destin tragique. Provost en oublie les rôles secondaires. Dommage, car le final clin d’œil à Thelma et Louise est un authentique morceau d’anthologie.

Où va la nuit
Réalisé par Martin Provost (2010). Avec Yolande Moreau, Pierre Moure, Edith Scob – 105’.

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