Ophélie Fontana: « Je n’ai pas à rougir de ça »

Avec le Quinze minutes, la présentatrice de la RTBF a dépoussiéré les codes du JT. Rencontre avec une journaliste toute simple qui dit ne rêver ni de Paris, ni de RTL-TVI.

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A quoi ressemble la journée type d’Ophélie Fontana?
Ophélie Fontana – Chaque jour est exaltant et ne se ressemble pas. Evidemment, il y a une routine qui s’installe avec les horaires fixes, mais l’actu a la particularité d’être extrêmement mouvante. C’est motivant, c’est une des forces du journalisme.

La présentation du 15 minutes en duo avec Jonathan Bradfer, c’est confortable ou compliqué?
C’est une logique complètement différente de la présentation en solo. On doit être beaucoup plus à l’écoute et composer en fonction de ce que l’autre fait. Comme on s’entend bien avec Jonathan, c’est presque un avantage. En tout cas, ce n’est pas du tout contraignant. On a la même vision de l’info et le même humour, ce qui ne gâche rien (rire). Après un peu plus d’un an et demi de présentation, nous n’avons jamais eu de conflits d’ego ni d’intérêts. C’est assez rare dans ce boulot. On a de la chance.

Qu’est-ce que vous pouvez nous apprendre d’inédit sur votre coéquipier?
Pour se détendre, on déconne énormément avant l’antenne. Ça permet de dérider l’équipe technique et de faire descendre la pression du direct. Jonathan a donc développé un don pour les blagues potaches, il est encore un peu étudiant dans sa tête… (Rire.) Il y a un bon tas d’exemples dans le bêtisier de fin d’année (visionnable en catch-up sur le site de la RTBF – NDLR).

En parlant de bêtisier, vous êtes connue pour deux beaux lapsus. La fracture du col de l’utérus du roi et la verge de la Stib….
Oui… Je n’ai pas à rougir de ça, personne n’est à l’abri de ce genre de chose en direct. C’est ce que les gens affectionnent, ça nous rend humains. Le col de l’utérus, c’était complètement inconscient, ça se voit à l’écran. Par contre, la verge, c’est à cause de Jonathan! Quand on répétait avant le direct, il m’a dit "Fais attention, t’es capable de dire verge". Et évidemment, c’est ce que j’ai fait. Là, par contre, je m’en suis rendu compte… L’info n’était absolument pas drôle, on était assez fiers d’avoir pu se contenir.

Vous présentez des JT depuis deux ans maintenant. Le terrain ne vous manque pas, parfois?
Oui, surtout le fait d’aller à la rencontre des gens. Dans le format qu’on propose, qui est très court, nous n’avons même pas la possibilité d’avoir des invités sur le plateau. Mais bon, le job idéal n’existe pas. Je n’exclus pas l’option de rebosser sur le terrain, un jour, si je ne m’éclate plus dans ce que je fais. J’aimerais bien m’atteler au format long, faire un documentaire ou des reportages de type Questions à la une.

Que vous inspire la carrière de Laurence Ferrari?
Je ne la connais pas personnellement, mais c’est une fille qui a voulu aller trop vite, elle a grillé les étapes. Elle pensait sans doute que c’était la consécration de présenter le 20 h de TF1, mais elle n’était sans doute pas prête. Et succéder à un personnage aussi emblématique que PPDA n’est pas évident. Elle a fait montre de trop d’ambitions, elle aurait dû réfréner ses ardeurs. J’ai entendu que son émission sur la TNT ne fonctionnait pas non plus. C’est dommage, mais c’est une leçon à retenir.

Un poste en France pourrait vous tenter? 
De prime abord, ce n’est pas plus tentant qu’autre chose. Ça dépendrait de la nature de l’émission qu’on a à me proposer. J’ai déjà eu un contact ou l’autre par le passé, mais c’était à chaque fois pour des programmes qui ne me tentaient pas. Je ne veux pas passer à la télé à n’importe quel prix. De plus, j’ai une vie de famille ici, et quand on construit quelque chose, il faut assumer derrière. Un salaire plus important ne rend pas forcément heureux. Le métier est déjà compliqué en Belgique: malgré une évidente convivialité, il y a des rivalités. En France, c’est puissance dix, c’est une lutte bien plus perverse. Je ne sais pas si j’ai envie de ça.

Vous seriez aussi beaucoup plus exposée médiatiquement…
Et ça refroidit. En Belgique, on peut aller chercher le courrier en pyjama sans souci. En France, où que tu ailles pour promener ton chien ou faire quoi que ce soit d’autre, tu es toujours susceptible de te faire photographier. Ce n’est pas étonnant que certaines personnes pètent un câble. Ça doit être un véritable enfer. Ici les gens sont beaucoup plus respectueux et c’est très bien comme ça.

Pourtant, même en tant que journaliste, vous vous exposez parfois volontairement. Notamment avec votre compagnon Vincent Langendries en couverture de Paris Match, pour une séance tous frais payés à l’île Maurice. Le Conseil de déontologie journalistique vous a blâmés pour cela.
Oui, nous savions qu’un séjour de base nous était offert pour cette séance photo, point à la ligne. Mais cela n’a pas été monnayé. Et nous n’étions pas au courant qu’il y aurait toutes les références commerciales des "produits" prêtés sur nos photos. Je ne vais pas me prononcer plus que ça, je sais comment j’ai accepté et dans quelles conditions sans avoir l’impression de "trahir" mon métier. Mais il y a eu d’autres cas en Belgique et pourtant, nous sommes les seuls qu’on blâme. Nous avons eu le sentiment d’être pris pour cible de manière un peu injustifiée.

Certaines critiques vous font sourire?
Oui, celles qui disent que je suis une blonde liseuse de prompteur. Quand je fais un lapsus, les gens s’en donnent à cœur joie. "Ah, encore une blonde écervelée qui ne sait pas lire une dépêche." Ça me fait rire, j’aime encore bien entendre ce genre de clichés monstrueux et complètement dépassés. (Rire.)

Et vous répondez quoi à ceux qui disent que vous seriez mieux à RTL-TVI?
Que je suis très bien où je suis.

Qu’est-ce que vous regardez à la télé, à part les JT?
En fait, je me retrouve toujours devant des programmes qui traitent de l’actu, comme Envoyé spécial. J’affectionne les émissions qui ont du fond. Mais je regarde aussi des films et des séries pour me vider la tête (rire). Ceci dit, je sais me passer de télé sans problème…

Avez-vous des bonnes résolutions pour 2013?
Me déstresser à la maison. C’est paradoxal: au boulot, je suis cool, mais chez moi je veux que tout soit parfait pour les enfants, etc. Il faut que j’apprenne à me détendre. (Rire;)

LE 15 MINUTES
CHAQUE JOUR LA DEUX 19H00

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