Olivier ‘Top Chef’: « J’aime la vie, j’ai confiance en elle »

Khôl sombre et chevelure travaillée, le chef Olivier Streiff a des allures de Nicola Sirkis et de Marylin Manson. Et pourtant, en cuisine, ses plats sont colorés et décalés. Rencontre avec le candidat le plus atypique de Top Chef, éliminé aux portes de la finale.

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Votre élimination a fait un véritable tollé, vous vous attendiez à une telle réaction du public?

Véritablement non. Je suis assez halluciné en fait, je reçois des sms à chaque minute, des coups de fil de gens ravis. Ca me change et ça me fait plaisir, vous n'imaginez pas. Même des grands Chefs comme Yannick Alléno m'ont téléphoné pour me faire part de leur soutien. Je suis très honoré. La Belgique me soutient aussi énormément. Je compte bien venir vous voir rapidement, la chaleur que dégage votre pays est très attrayante. Merci du fond du cœur. En ce qui concerne mon élimination, c'est le jeu. Même si ce n'était pas très clair à l'écran, en raison des règles qui étaient un peu complexes pour cette demi-finale. Mais je n'ai aucune rancoeur. 

Aviez-vous des appréhensions avant de participer à Top Chef?

Non, pas vraiment. Je suis un peu venu comme un cheveu dans la soupe étant donné que c'est la production qui m'a contacté pour que je participe à l'émission. Ca a été rapide. Je ne connaissais pas le programme avant, je ne l'avais jamais suivi. Ce qui m'intéressait c'était de parler cuisine et c'est ce que l'on a fait, je suis donc satisfait. Certes, il y a une exposition, mais l'essence même de ce programme c'est parler de notre métier.

Le "passage de plats" à des chefs comme Philippe Etchebest s'est bien passé? Quel membre du jury préfériez-vous?

C'était une expérience très agréable, ils ont tous leurs qualités et leurs défauts. Je ne dirais pas que j'en préfère l'un ou l'autre. J'ai surtout énormément appris dans ce programme, à me dépasser par exemple. Ma pire épreuve a sans doute été la première, le temps que je me mette dans le bain. Mais j'ai adoré celle chez Yannick Alléno, c'était énormément de pression, mais aussi l'occasion de montrer ce qu'on avait dans le ventre, au niveau des cuissons comme au niveau de la précision.

Vous regardiez-vous à la télé? Vous êtes satisfait de l'image que le programme donne de vous?

Oui, comme on a tourné l'émission il y a quelques mois, il fallait se remettre dans le bain, vivre la chose en même temps que le public pour ne pas être en total décalage. Et puis j'avais envie de voir le résultat. On connaît la finalité mais pas le montage de l'émission. Le rendu du Top Chef est très fidèle à la personnalité de chaque candidat, c'était assez juste donc je suis très heureux. 

Concrètement, aujourd'hui qu'est-ce que Top Chef a changé dans votre vie? 

Avant on me trouvait un peu bizarre dans la rue et aujourd'hui on me trouve sans doute toujours bizarre, mais on comprend mieux qui je suis et ce que je fais. Je ne suis pas un mec dérangé, j'ai juste un look un peu décalé. Je suis un cuisinier qui aime son métier. C'est une mise en lumière de ce que je suis, finalement. Ca a été très dur pour moi, dans le passé. Pendant longtemps, des gens se levaient de table quand ils m'apercevaient en cuisine pour ne pas manger mes plats. Des gens qui avaient réservé dans mon établissement s'en allaient quand ils me voyaient. On sent quand les gens ont peur. Il faut faire avancer les consciences. 

Vous pensez l'avoir fait avec Top Chef?

Le message est clair: on doit s'ouvrir à ce qui peut nous effrayer, nous faire peur, cela réserve de belles surprises.  Aujourd'hui avec tout ce qui nous arrive dans le monde, on a tendance à vouloir mettre une cloche sur la différence. Eh bien non, ce n'est pas la solution. Ce n'est pas comme cela, en se terrant, que l'on accèdera au bonheur. La curiosité est un joli défaut.

Quel candidat de Top Chef vous a le plus touché?

Quasiment tout le monde! C'est certain que je suis plus proche de Xavier, de Kevin et d'Adel, ce sont mes grands copains aujourd'hui, mais je me suis très bien entendu avec presque tous les candidats. On s'appelle très souvent, ça fait également un joli réseau.

Que diriez-vous de Martin Volkaerts, vous êtes toujours en contact?

J'avoue qu'on ne s'appelle pas trop souvent, mais je suis certain que l'on se recroisera. C'est vrai qu'il est un petit peu en Belgique… (rire) C'est plus compliqué pour le voir, mais j'espère qu'il va m'inviter à venir le voir à l'Amandier et qu'on discutera de l'avenir. Il a quand même été dans mon équipe dans la guerre des restos, il a apporté sa touche et ça a été top. Ces tous jeunes Chefs m'hallucinent. C'est comme Xavier, la technique qu'ils ont a leur âge, c'est complètement dingue. Avec des Chefs aussi talentueux qu'eux, l'avenir de la cuisine est emplit de lumière et de soleil. C'est très motivant pour la suite.

Quelle est votre philosophie de vie?

Il faut être positif, la vie est belle, tout dépend de la manière dont on la regarde. Tout ce qui nous arrive, chaque leçon est dite ou exprimée d'une certaine manière et il faut en tirer les bonnes conclusions. Tout n'est pas noir comme on le pense. Rien n'arrive pour rien, il faut juste savoir analyser, prendre le temps d'avoir le regard nécessaire sur ce qu'il nous arrive.

Si vous deviez demain réaliser un rêve professionel, ce serait…

D'avoir un restaurant "haute-couture", c'est-à-dire d'avoir la possibilité d'être en perpétuelle création. Maintenant on verra bien, j'ai surtout envie d'ouvrir mon établissement. J'aime la vie, j'ai confiance en elle. Si tout devait s'arrêter aujourd'hui, j'ai conscience d'avoir vécu quelque chose d'absolument grandiose et si ça continue, je profiterai de chaque seconde comme si c'était la dernière. Mais rien n'est figé.

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