Olivier Maingain: « Ma devise: reste insoumis »

Il brigue pour la septième fois la présidence du FDF... qu'il occupe depuis 20 ans. Orateur pugnace, le francophonissime allume une fois de plus Charles Michel, Bart De Wever, les ultrarégionalistes et le consensus mou à la belge.

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Lorsqu'il passe le porche du siège du FDF à Saint-Gilles, Monsieur le président a une heure de retard. "Il a un agenda de dingue" s'excuse son entourage. Costume et cravate noirs, chemise blanche et œil vif qui pétille toujours d'une once de malice. Pour l'heure, Olivier Maingain a plusieurs fers au feu. A la tête de sa commune de Woluwe, à la majorité à Bruxelles, dans l'opposition au fédéral et en Wallonie, il jongle en adroit porte-parole jaloux de la "cohésion, cohérence, clarté" de son parti. Et après 20 ans de règne, il en veut encore. Au grand dam de ses challengers à la prochaine élection du 8 mars, Christophe Magdalijns mais surtout Bernard Clerfayt, le bourgmestre de Schaerbeek.

Ce jour-là, la structure du parti évoluera aussi avec, outre l'élection du président fédéral, celles de trois présidents régionaux: un pour la Wallonie, un pour Bruxelles et un pour la périphérie. On songe même à  changer le sigle du parti pour traduire un positionnement plus large que le simple combat communautaire originel. Cap sur le libéralisme social. Façon "j'y suis, j'y reste", Maingain s'explique.

Vous voulez rempiler une 7efois comme président du FDF. Est-ce vraiment bien raisonnable?

Olivier Maingain – Nos militants en jugeront. J'ai toujours l'envie de me battre. En un clin d'œil, je pourrais dire que le FDF n'est redevenu autonome que depuis 2011 lors de sa rupture du cartel avec le MR. En quelque sorte, je ne suis pleinement libre de mener l'action de mon parti que depuis trois bonnes années (rire).

Votre challenger Bernard Clerfayt qualifie votre candidature de "malsaine". Que lui rétorquez-vous?

O.M. – Que la démocratie n'est jamais malsaine et que seule la volonté des électeurs importe. Si sa critique vise ma longévité, je me demande si, en admettant qu'il se représente au terme de sa législature communale de 18 ans de maïorat, il se trouvera "malsain". Bernard Clerfayt peine à trouver les bons arguments pour exister comme candidat à la présidence. Et je ne l'ai jamais entendu critiquer les options prises collégialement au sein du parti. Je ne sais donc pas en quoi il veut se différencier.

Si vous deviez lui pointer une qualité et un défaut?

O.M. – Travailleur, compétent. Un défaut? Pas toujours solidaire dans les instances du parti avec une tendance à jouer cavalier seul. Mais j'ai pour principe de laisser des espaces de liberté à chacun. Je ne suis pas un général en chef, mais un porteur de messages et de convictions.

Dont celle que le FDF doit s'implanter en Wallonie…

O.M. – Oui. Les sections se structurent. Aux prochaines élections, nous serons présents dans beaucoup de communes wallonnes. Ce défi est une des raisons qui me motivent à poursuivre mon action pour une autre gestion publique et mon combat contre l'ultrarégionalisme de certains Wallons et Bruxellois. Et puis nous allons déployer pleinement notre libéralisme social… Les Wallons sont ulcérés par la mainmise du PS sur tous les rouages et le reniement complet du MR, allié à la NV-A, et sourd aux préoccupations sociales des citoyens. On a un bel espace politique devant nous.

La suite de l'interview dans le Moustique du 18 février 2015

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